L’émir du Koweït Sabah al-Ahmad al-Sabah est mort

L’émir du Koweït Sabah al-Ahmad al-Sabah est mort à l’âge de 91 ans, a annoncé ce mardi la télévision d’État. Diplomate hors-pair, pilier de la monarchie pendant quasi six décennies, le dirigeant était perçu comme autoritaire s’agissant des droits de l’homme dans son pays. Son successeur désigné est son frère, le prince héritier Nawaf al-Ahmad al-Sabah.

 

La mort de l’émir du Koweït marque un tournant dans la vie politique du pays. Depuis l’indépendance du pays, il y a 60 ans, Sabah al-Ahmad al-Sabah était un des hommes forts du pays.

Il a notamment été ministre des Affaires étrangères de 1963 à 2003 puis Premier ministre jusqu’à sa nomination par le Parlement en tant qu’émir en 2006. Son arrivée au pouvoir de la pétromonarchie marque la fin d’une crise politique sans précédent.

Il remplace le cheikh Saad al-Abdallah al-Sabah qui ne sera resté que neuf jours au pouvoir, poussé de force vers la sortie par le Parlement en raison de son état de santé.

Médiateur à l’étranger, autocrate en son pays

Sur la scène internationale, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah est vu comme un médiateur hors pair, un élément clef de la stabilité dans la région. Ses quarante ans au poste de ministre des Affaires étrangères lui ont permis d’acquérir une connaissance fine de la diplomatie et de remplir un carnet d’adresses complet.

En 2017, il annonce par exemple avoir empêché une escalade militaire entre le Qatar et l’Arabie saoudite soutenue par les Émirats arabes et le Bahreïn. Sa longue tradition diplomatique de neutralité et de non-alignement permet également au Koweït de conserver une représentation diplomatique en Iran.

Il est un contact particulièrement important pour les États-Unis. Les troupes américaines ont défendu le Koweït face à l’Irak de Saddam Hussein en 1990. Depuis, 13 000 de leurs soldats sont en position et bénéficient de plusieurs bases sur place. Le Koweït est ainsi un point stratégique de transit pour les troupes en Irak et en Afghanistan.

Sur le plan intérieur, la politique liberticide menée par le gouvernement du cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah est cependant régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme. La dynastie al-Sabah est au pouvoir depuis le 18e siècle.

Plusieurs militants d’opposition ont été condamnés à de longues peines de prison. Critiquer l’émir sur les réseaux sociaux peut aujourd’hui mener à une peine de dix ans de prison et un million de dollars d’amende.

Source : RFI

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