Aya Saleh, 20 ans, morte en donnant naissance à la vie

Au cours d’une conférence de presse animée jeudi 17 septembre 2020, le député et président du mouvement IRA, Birame Dah Abeid, a abordé la thématique liée à la mortalité maternelle, surtout en milieu rural. «Des dizaines de centaines de femmes meurent dans le monde rural en donnant la vie, du fait de la négligence, de l’éloignement des structures de santé et l’accès à une maternité sans risques » a-t-il déclaré, au détour d’un drame qui le frappe personnellement.

 

Il s’agit du décès survenu la veille, de sa nièce, Aya Saleh, 20 ans, morte en laissant derrière elle un bébé prématurément orphelin, plongeant toute une communauté et toute une famille dans le deuil et la désolation.

«Etant donné que toutes les structures de santé sont totalement délabrées, il n’y a aucun programme de l’Etat qui prévoit la santé de la femme et les cas nombreux cas du suivi des grossesses dans le monde rural » a-t-il regretté. Selon lui, dans ces milieux souvent éloignés des centres urbains, il n’y a ni structure sanitaire ni personnel de santé encore moins de matériels.

Revenant sur le drame qui l’a frappé, il a précisé que sa nièce a accouché seule, aidée par les femmes du village, de la manière dont lui-même est née depuis 54 ans, avec des accoucheuses coutumières et des moyens rudimentaires, alors que la Mauritanie est indépendante depuis 60 ans.

«Ma nièce est morte lors de son transport vers Rosso, à 45 kilomètres de son village où elle avait entamé son accouchement » a précisé Birame, soulignant l’éloignement des centres de santé des populations et des victimes éventuelles.

Combien de femmes et de filles rendent l’âme en voulant donner la vie dans l’ignorance des services publics, s’est-il indigné en substance. «Nous comprenons qu’avant 2019, la gabegie, les vols et les détournements étaient de mise, mais quelle politique maintenant pour stopper l’hécatombe et le carnage, en mettant fin à la multiplication des orphelins, des enfants dont les mères sont mortes alors qu’ils sont en bas âge, s’est-il indigné, appelant à la mise en place par le gouvernement actuel d’une véritable politique publique, en commençant d’abord par donner des réponses à toutes les familles endeuillées dans tous les coins du pays par le manque d’assistance médicale aux femmes et aux filles qui veulent donner la vie.

Selon lui, tous les villages et campements en Mauritanie sont menacés de perdre des filles et des femmes, et que la réaction doit être au niveau des défis, réclamant une réaction rapide des pouvoirs publics face à ce fléau.

A rappeler que la Mauritanie affiche l’un  des taux les plus élevés dans la sous-région en matière de mortalité maternelle, 580 pour 100.000 naissances vivantes. A titre comparatif, ce taux est de 140 en Algérie, 371 au Burkina Faso, 375 au Sénégal, 190 au Maroc et 62 en Tunisie.

C.A

Source : Thaqafa

 

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