COVID-19 : la pandémie poursuit son accélération

(Ryad) Neuf millions de contaminations dans le monde, le seuil des 120 000 morts dépassé aux États-Unis : la pandémie de coronavirus, qui « continue de s’accélérer » selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), force l’Arabie saoudite à limiter drastiquement le grand pèlerinage musulman à La Mecque.

Le hajj, l’un des cinq piliers de l’Islam et l’un des plus importants rassemblements religieux au monde, aura bien lieu fin juillet, mais sera sans commune mesure avec les autres années.

Seul un millier de pélerins vivant dans le royaume saoudien seront autorisés, ont annoncé mardi les autorités, alors que le pélerinage a attiré en 2019 2,5 millions de fidèles venus du monde entier.

De nombreux musulmans, qui durant de longues années économisent et se préparent spirituellement pour se rendre à La Mecque ont fait part de leur déception, tout en disant comprendre la décision de Riyad, saluée par la prestigieuse institution sunnite Al-Azhar, basée au Caire, qui l’a jugée « sage et basée sur la jurisprudence islamique ».

Car la pandémie « continue de s’accélérer », a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus : « il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé. Le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours ».

La pandémie de COVID-19 « est bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies », a-t-il poursuivi.

La chute du commerce actuel dans le monde « est d’une ampleur inégalée – ce serait en fait la plus forte jamais enregistrée », a estimé mardi le directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Roberto Azevedo, tout en soulignant qu’elle « aurait pu être bien pire ».

Les constructeurs automobiles européens prévoient une dégringolade historique de 25 % des ventes en 2020 dans l’UE.

Dans la zone euro, où les restrictions sont progressivement assouplies, l’activité du secteur privé a continué à se replier en juin, mais à un rythme moins marqué que durant le confinement, selon le cabinet Markit, qui note une « expansion » pour la première fois depuis quatre mois en France et un fort rebond au Royaume Uni.

« On enterre la nuit »

 

Dans un rapport publié mardi, l’UNESCO souligne aussi les potentiels ravages sans précédent chez les traditionnels laissés-pour-compte de l’éducation.

« Les expériences du passé – comme avec (le virus) Ebola – ont montré que les crises sanitaires pouvaient laisser un grand nombre de personnes sur le bord du chemin, en particulier les filles les plus pauvres, dont beaucoup risquent de ne jamais retourner à l’école », y explique sa directrice, Audrey Azoulay.

Si un optimisme prudent est de mise en Europe, sur le continent américain, le virus continue de se propager.

Aux États-Unis, pays le plus endeuillé par la COVID-19, le bilan a dépassé lundi les 120 000 morts pour 2,31 millions de cas recensés.

En Amérique latine, actuel épicentre de l’épidémie, l’Argentine a battu lundi son record quotidien de contaminations (2146) et de décès (32) portant le bilan à 1043 morts.

Son voisin, le Brésil, reste le deuxième pays le plus touché au monde avec un total de 51 271 morts pour plus de 1,1 million de cas.

Le Honduras, petit pays de 9 millions d’habitants, est submergé par les morts, officiellement au nombre de 300 mais probablement cinq fois plus nombreux, estime Jesus Moran, secrétaire de l’Association des pompes funèbres.

Dans le Nord du pays, on « enterre la nuit entre dix et douze cadavres (entassés) dans des remorques », affirme-t-il. Selon lui, dans les quartiers les plus misérables, les gens meurent chez eux sans être testés.

« La morgue ne marche plus, les cadavres sont en état de décomposition, il va y avoir une large contamination », s’est alarmé sur les réseaux sociaux le président du syndicat du personnel de l’hôpital Escuela de Tegucigalpa, où il a fallu monter à la hâte des tentes pour accueillir les patients toujours plus nombreux.

La COVID-19 a tué officiellement au moins 469 060 personnes dans le monde et en a contaminé plus de 9 millions, dont 4,2 millions considérés aujourd’hui comme guéris, depuis que la Chine a fait état de l’apparition en décembre de la maladie.

En Asie, la Corée du Sud a reconnu mardi lutter depuis mi-mai contre « une deuxième vague » de contaminations, avec entre 35 et 50 nouveaux cas quotidiens, essentiellement à Séoul et ses environs.

Au lendemain du rétablissement de restrictions dans la région de Lisbonne, un canton allemand va également être reconfiné, pour la première fois dans le pays, après l’apparition d’un foyer de contaminations dans un abattoir.

Plusieurs pays d’Europe, submergés au printemps par la maladie, continuent eux d’alléger les restrictions. La Ligue espagnole de football professionnel étudie les modalités d’un retour du public dans les stades et en France, les cinémas ont rouvert lundi et le célèbre Musée d’Orsay fera de même mardi.

Anuj CHOPRA, avec Aymeric VINCENOT à Paris et les bureaux de l’AFP dans le monde
Agence France-Presse

Source : La Pressa.ca (Canada)

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer