Mauritanie : l’opposition condamnée au service minimum de défiance au pouvoir

Le paysage politique tel qu’il apparaît après les présidentielles n’est guère luisant. Une opposition disparate et attentiste avec pratiquement les mêmes acteurs depuis des décennies. Et une suprématie du parti au pouvoir au parlement dans les municipalités et régions.

Les nouvelles alliances de l’opposition IRA-SAWAB, CVE, UFP-RFD et la toute dernière en date la coalition de l’opposition au système CVE-VR sous la houlette de l’AJD-MR,FPC,TPMN  donnent encore l’impression que l’opposition piétine et d’être toujours dans la défensive.

Un attentisme considéré par les observateurs comme le premier impact des normalisations des relations du président mauritanien avec l’opposition. Et depuis le dialogue politique dans tous les viseurs des etats-majors des partis tarde à venir. Une opposition qui a du mal à défier un système qui n’a pas changé depuis les indépendances.

L’alternance militaire donne le sentiment d’une malédiction pour les mauritaniens qui aspirent à la modernité politique économique et sociale. Un rêve qui n’est pas prêt de se réaliser parce que les militaires tiennent toujours à perpétuer leur pouvoir sous vernis démocratique. L’élection de Ould Ghazouani s’inscrit dans cette démarche faisant miroiter un changement.

Après 6 mois de gouvernance c’est la démocratie qui est en danger avec une assemblée nationale devenue une arène de lutte nationale ou le président fait sa loi en imposant les langues nationales et excluant le français. C’est le multilinguisme qui prend un coup.Et au delà l’unité nationale et la cohésion sociale.

L’UPR maître d’oeuvre de cette nouvelle architecture est bien confortablement assis sur sa majorité législative municipale et régionale pour imposer sa volonté. Une bien triste réalité qui fait que l’opposition est condamnée au strict service minimum de défiance au nouveau régime qui a tendu une partie de sa main pour garder toujours les initiatives. Ould Ghazouani se contentant pour l’instant à considérer plus l’opposition parlementaire que les autres forces démocratiques. Cette gouvernance tend à réduire la vie démocratique à une portion congrue que la question de l’efficacité de l’opposition se pose voire sa crédibilité aux yeux de l’opinion publique.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya 03 Février 2020)

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