Mauritanie: Ould Ghazouani à l’épreuve du pouvoir

Depuis 6 mois seulement à la tête du pays le président mauritanien envoie des signaux positifs d’une gouvernance plus lisible et plus dynamique que son prédécesseur. Son gouvernement a pris à cœur les secteurs porteurs d’emploi comme la santé l’éducation les mines et la pêche pour redresser une économie en état de dégradation avancée.

D’autant plus que cet objectif semble rencontrer un terrain favorable de feux verts avec une croissance attendue cette année a plus de 6 pour cent et une inflation soutenue à 3,5 pour cent. Seuls bémols une dette publique avoisinant plus de 80 pour cent du PIB et un chômage visible de plus en plus de jeunes diplômés. Un quinquennat peut paraître long comme court. Pour l’instant Ould Ghazouani n’y prête pas attention. L’équipe gouvernementale formée de  technocrates est à l’oeuvre depuis 6 mois.

La santé semble avoir pris de l’avance par rapport aux autres avec des réformes en profondeur pour lutter contre la pratique médicale illicite. Des pharmacies et des cabinets médicaux sont fermés. Des médicaments périmés et drogues sont incinérés. Désormais les mauritaniens pourront savoir ce qu’ils mangent grâce à un contrôle systématique des étiquettes. Pour la première fois les déserts médicaux sont pris à bras le corps avec l’affectation de plus de 600 cadres à l’intérieur du pays. En définitive c’est la santé proche des citoyens.

Un autre secteur qui essaie de sortir la tête sous l’eau c’est l’éducation nationale avec la création de deux départements. Le fondamental et la réforme de l’éducation nationale et enseignement secondaire professionnel et technique dont le recrutement de 2000 prestataires éducatifs va combler en partie le déficit d’enseignants dans ce secteur resté longtemps paralysé par une politique d’approximation et de bradage de l’école publique. Le plus dur reste à venir parce qu’il s’agit d’une refonte d’un système éducatif dont les résultats catastrophiques demandent des concertations techniques à la hauteur de l’ambition gouvernementale.

La pêche et les mines sont les deux secteurs dont les pillages des ressources ont véritablement impacté sur l’économie du pays. Plus de la moitié des ressources halieutiques sont revenues aux chinois depuis de longues années.Beaucoup de bateaux de pêche étrangers continuent de naviguer dans les zones interdites. Un manque à gagner dans ce secteur qui emploie près de 60000 personnes et dont les recettes en 2018 ont atteint un milliard de dollars avec une production annuelle de plus de 400000 tonnes. La remise en cause des accords de pêche sous Ould Aziz permettra de corriger tous les abus de clientélisme.

Quant au secteur minier en première ligne la SNIM, véritable poumon de l’économie et en même temps vache laitière de l’ État quand il contribue largement au budget, a perdu ses recettes d’exportation à cause d’une mauvaise gestion et d’un bradage au sommet de l’Etat sous Ould Aziz qui a vendu le fleuron de l’industrie mauritanienne à une société australienne et à son gendre. Un accord qui a été remis en cause et qui va permettre à la nouvelle direction de relever les exportations de ce minerai cher aux mauritaniens avec une production qui pourrait atteindre 12 millions de tonnes cette année.

Et ce vent de changement souffle dans tous les départements. Les observateurs y voient presque un mirage dans un pays fondamentalement miné par la gabegie et la corruption.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

(Reçu à Kassataya 15 janvier 2020)

 

 

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