Une Vendômoise dans les pas d’Odette du Puigaudeau, aventurière en Mauritanie

Odette du Puigaudeau est saluée pour avoir su préserver la culture des peuples de Mauritanie. Un hommage lui est rendu à la chapelle Saint-Jacques.

Monique Vérité, née à Vendôme en 1942, ancienne élève au lycée Ronsard, qui a suivi des études de philosophie et d’arabe à Paris et à Alger, avant de devenir conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, est intarissable dès qu’il s’agit de parler de l’aventurière Odette du Puigaudeau, née en Bretagne en 1894.

Au milieu de l’exposition consacrée à l’Afrique et présentée jusqu’à samedi à la chapelle Saint-Jacques, elle trace le portrait de cette femme volontaire, fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre breton de l’école de Pont-Aven, qui a croisé Edgard Degas et entendait son père parler de Paul Gauguin. Élevée comme un garçon, elle a toujours eu à cœur de faire quelque chose de grand pour honorer son nom.

Une aventure au féminin « Elle a rapidement voulu travailler, d’abord en reproduisant des papillons pour des ouvrages de sciences naturelles, puis s’est retrouvée chez Lanvin comme styliste à proposer des croquis de robes qui évoquaient les papillons avant d’avoir assez d’argent pour partir en 1934 en Mauritanie avec son amie Marion Sénones. »

Les deux femmes ne connaissaient rien à l’Afrique mais sont vite tombées amoureuses du monde nomade qu’elles ont découvert à dos de chameau, parcourant plus de 15.000 km à travers le Sahara de l’Ouest entre 1930 et 1960, devenant les spécialistes des arts et coutumes des Maures blancs. « Avec toujours le souci de tout noter et dessiner pour des ouvrages dont la parution a connu un certain succès, même si elle était à contre-courant des conventions de l’époque. »

Une aventure au féminin que Monique Vérité a retracé dans une biographie qu’elle a consacrée en 1992 à « Odette du Puigaudeau, une Bretonne au désert », préfacée par le scientifique naturaliste Théodore Monod. « J’ai travaillé à partir des archives personnelles qu’Odette du Puigaudeau m’a laissé consulter en 1985 en lui rendant visite à Rabat (Maroc) où elle vivait, puis qu’elle m’a léguées en partie… Théodore Monod était d’ailleurs présent il y a vingt ans quand j’ai déjà présenté mon travail ici à la chapelle, exposition suivie d’une conférence à la Porte Saint-Georges qu’il a animée quelques mois avant de tomber malade », se souvient Monique Vérité. « Il l’avait baptisée Odette du Puigaudeau, une destinée hors série. »

Une rencontre comme fil conducteur d’une aventure humaine d’un autre temps qui offre un regard différent à cette exposition consacrée à l’Afrique.

A la chapelle Saint-Jacques de 15 h à 19 h jusqu’au samedi 23 novembre. Monique Vérité est présente tous les jours à partir de 16 h. Entrée libre. Cette exposition prend place dans le cadre du festival Vendôme, ville d’Afrik, inaugurée samedi (lire NR de dimanche) et organisée par l’association Vend’Afrik présidée par Sébastien Martineau.

 

Edith VAN CUTSEM

Journaliste, rédaction de Vendôme

 

 

Source : La Nouvelle République (France)

 

 

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