9e édition du festival des villes anciennes : Sous le sceau de la décrispation politique ?

Ouverte depuis dimanche dernier (10 novembre), la 9e édition du festival annuel des villes anciennes de Mauritanie bat son plein dans la cité ancienne de Chinguetti, au nord du pays.

 

Présidée par le président de la République, Mohamed ould Cheikh El Ghazwani, la cérémonie de lancement ayant  coïncidé, cette année  avec  la célébration de la naissance du Saint Prophète Mohamed (PSL), a vu la participation des membres du gouvernement  mauritanien, de hauts cadres  du pays, des artistes et hôtes étrangers. Mais ce  que les observateurs ont  retenu de cette 9e édition,  c’est la présence de leaders politiques de  l’opposition démocratique mauritanienne et des voisins du Maghreb (Algérie, Maroc, Libye) de l’Europe (Espagne) et de l’Afrique noire (Mali…) conférant ainsi à cette rencontre culturelle et artistique, une envergure politique mais aussi internationale.

Dans son discours d’ouverture, le président Ghazwani a indiqué l’attachement de la Mauritanie à son identité civilisationnelle  et culturelle, rempart  contre l’extrémisme.

De la couleur  politique

Contrairement aux éditions précédentes, la 9e édition du festival des villes anciennes a vu la présence des  leaders de l’opposition. Le président de l’institution de l’opposition démocratique,  le président du RFD, Ahmed Ould Daddah, de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, candidat malheureux de la dernière présidentielle, Saleh Hanana, président du parti Hatem,  des responsables du parti Tawassoul, ont effectué le déplacement de Chinguetti. Un acte inimaginable sous le magistère d’OuldAbdel Aziz,  qui vouait à son opposition, il faut le rappeler un gros mépris, ce que celle-ci lui rendait bien.

Cette présence des leaders de l’opposition mauritanienne témoignerait de la volonté du nouveau président de «normaliser » les rapports entre le gouvernement et l’opposition. Le premier pas a été franchi, lors que le président Ghazwani a demandé et obtenu des rencontres avec les  acteurs de  tous les bords  politiques, afin de leur signifier sa volonté de  prendre leur avis sur la gestion du pays.
on se rappelle qu’à  l’occasion, les acteurs politiques de l’opposition n’ont pas manqué de saluer l’esprit d’ouverture du nouveau président ; ils avaient cependant demandé des actes  concrets pour juger. C’est donc là un deuxième acte posé par le président Ghazwani à l’endroit de l’opposition.

Interrogés  par la presse, Ould Daddah et Ould Maouloud, tout en  soulignant l’importance culturelle et artistique du festival des villes anciennes n’ont pas manqué  tout de même de déplorer le peu d’impact  de ces manifestations pour les villes bénéficiaires et  leurs habitants qui ne cessent de les abandonner au profit des grandes villes. Ils ont exprimé leur souhait de voir le gouvernement changer d’approche  et de stratégie  dans l’organisation de ces  festivals afin de permettre aux populations de pouvoir se fixer dans leur terroir. Des invites qui entrent en droite ligne du plaidoyer fait  M. Cheikh Sid’Ahmed Babamine. Dans une correspondance  adressée au ministre de la Culture, la veille de la tenue du festival, ce  ressortissant de Tichitt, autre ville ancienne du pays, avait dénoncé la manière d’organiser  ces festivals  dont les  résultats  restent en deçà des attentes des populations, ceci, malgré les énormes sommes englouties  dans leur organisation. Il a demandé au département de revoir,  de fond en comble,  la manière et  même la pertinence de ces manifestations. De gros efforts de restauration, de préservation du riche patrimoine de ces villes restent à faire. Lesquels efforts devraient  apporter de la croissance à ces villes, en boostant leur économie  et  favoriser le  tourisme.

Echangeet partage

Le festival des villes anciennes de Mauritanie est l’occasion d’échanges et partage. C’est ce qui justifie la présence de délégations marocaine, algérienne, libyenne, malienne et espagnole à Chinguetti. Auprès du gotha des artistes  et autres acteurs culturels mauritaniens ayant revisité le patrimoine culturel du pays d’un million d’artistes, à travers  des expositions de manuscrits, de livres, de production artisanale, ces délégations étrangères ont apporté leurs expériences  en matière de gestion du patrimoine culturelle, à travers de riches  exposés et forums.

Signalons que les participants au festival ont relevé de gros efforts dans l’organisation. En effet, par le passé, les nombreux  participants  dont  beaucoup ne sont pas invités viennent occasionner un désordre dans l’accueil et  l’hébergement.  Dans les soirées, chacun cherche à se positionner devant la tribune pour ne pas rater  l’objectif des caméras. Les organisateurs ont réussi à contenir ces nombreux intrus.

Source : Le Calame

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