France : « la giletjaunisation » gagne la planète

Le mouvement des gilets jaunes à l’origine une contestation contre la hausse du prix du carburant est devenu au fil du temps une révolte populaire des pauvres contre les riches, un mouvement contre la classe politique au pouvoir qui semble s’éterniser. Cette permanence en matière de contestation sociale fait des émules aujourd’hui dans le monde entier avec la crise libanaise et chilienne et au-delà le Sénégal et le Soudan.

Tous ces mouvements de protestations ont un dénominateur commun l’accroissement des inégalités sociales. En France d’où est né le mouvement des gilets jaunes en décembre 2018 à l’origine contre l’augmentation de la taxe du carburant s’est transformé en grève hebdomadaire contre la classe politique au pouvoir considérée arrogante et incapable de résoudre les inégalités sociales qui se creusent de plus en plus.

Cette «  giletjaunisation » a traversé les frontières de l’Hexagone pour mettre sur le devant de l’actualité la crise libanaise à l’origine une taxe jugée injuste sur l’application de WhatsApp alors que le pouvoir ferme les yeux sur les graves incendies du pays une catastrophe écologique passée sous silence. La contestation populaire vise surtout la corruption de la classe politique toutes tendances confessionnelles confondues et l’appauvrissement de la grande majorité des libanais. Partout les classes populaires sont à la manœuvre comme en témoigne le mouvement au Chili dont l’origine réside dans l’augmentation des tickets de métro.

En première ligne la révolte des lycéens. Ce sentiment de désespoir des manifestants est un prélude à une grande contestation sociale dans un pays livré à des puissances étrangères.

En Afrique le mouvement des gilets jaunes a été tué dans l’œuf au Sénégal en avril 2018 quand les boulangers ont voulu augmenter le prix du pain. Le gouvernement a vite réagi en compensant cette augmentation.

Au Soudan l’augmentation du prix du pain est à l’origine d’un vaste mouvement de contestation populaire qui a amené les militaires à renverser le président Omar El Béchir. Le pays vit aujourd’hui une période de transition de 3 ans à la suite d’un accord entre les civils et les militaires.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya le 22 octobre 2019)

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