Mauritanie : l’opposition n’est pas encore au rendez-vous de l’espoir

La réconciliation nationale ne semble pas être la première préoccupation de l’opposition mauritanienne si les observateurs se réfèrent aux différentes déclarations des leaders à l’issue de leurs entretiens avec le président mauritanien dans la perspective d’un dialogue politique.

Ce sentiment partagé par les observateurs ne met pas dans le même panier pour l’instant le leader de la coalition VE qui n’est pas encore invité par le président mauritanien. C’est un secret de polichinelle la réconciliation nationale est la priorité de cette opposition qui se proclame antisystème. Le candidat malheureux Ould Boubacar est à ce jour le dernier leader reçu par Ould Ghazouani. L’ancien premier ministre est plus tourné vers ses ambitions personnelles avec en perspective la création d’un nouveau parti. Le leader anti-esclavagiste a repris vigoureusement son indépendance en posant des conditions à Ould Ghazouani avant d’apporter son soutien à sa politique tandis que le parti islamiste fait planer le doute après avoir soutenu Ould Boubacar d’un rapprochement avec le nouveau régime. Le président de l’UFP n’a pas bien sûr ménagé le président mauritanien et demande plus que les bonnes intentions notamment sur l’unité nationale dénominateur commun pour toute l’opposition.

 

A ce stade de normalisation politique la première critique est relative à l’absence de concertation des leaders au moins les 4 candidats présidentiels avant leur rendez-vous au palais même si l’initiative vient du chef de l’Etat. Et deuxièmement le passif humanitaire est noyé dans les grandes questions d’intérêt national alors que c’est la clé du mieux vivre ensemble d’une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même. La réconciliation nationale tendon d’Achille du pouvoir est un préalable au dialogue politique à l’unité nationale et à la cohésion sociale. C’est la priorité des priorités de la question nationale qui n’est pas mise en avant dans les discussions préliminaires avec le chef de l’exécutif.

Un rendez-vous manqué avec les populations noires victimes des déportations de 89 et de l’assassinat de 28 soldats noirs en 91.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

(Reçu à Kassataya le 06 octobre 2019)

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