Paris : quatre policiers tués par un employé de la préfecture de police

(Paris) Quatre policiers ont été tués jeudi à coups de couteau, à l’intérieur de la préfecture de police de Paris, par un employé qui a été ensuite abattu par les forces de l’ordre, une attaque inédite venue du sein même de l’institution.

 

L’agression s’est produite en début d’après-midi à l’intérieur de ce lieu emblématique, situé dans le centre historique de la capitale, près de la cathédrale Notre-Dame.

Les enquêteurs explorent notamment la piste d’un conflit personnel, ont indiqué des sources concordantes.

L’assaillant, abattu dans la cour de la préfecture, travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police, au service informatique, et il souffrait d’un handicap.

En début d’après-midi, le lieu était placé sous haute sécurité : le périmètre était bouclé, une dizaine de camions de pompiers étaient sur place, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Ça courait partout, ça pleurait partout », a témoigné à l’AFP Emery Siamandi, interprète présent à l’intérieur de la préfecture au moment de l’attaque. « J’ai entendu un tir, j’ai compris que c’était à l’intérieur », raconte-t-il. « Quelques instants après, j’ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique ».

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui devait se rendre en Turquie, a repoussé son déplacement et s’est rendu sur les lieux. Il a été rejoint par le premier ministre, Édouard Philippe et la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Malaise au sein de la police

 

Peu avant 13 h, un message d’alerte a été diffusé dans les haut-parleurs du palais de justice de Paris, situé en face de la préfecture. « Une agression s’est produite à la préfecture de police. La situation est maîtrisée », le secteur « reste sous surveillance », mettait en garde le message.

Cette agression meurtrière survient au lendemain d’une manifestation de milliers de policiers à Paris, pour une « marche de la colère », une mobilisation inédite depuis près de 20 ans.

Contrairement aux précédentes mobilisations, ce n’est pas un fait divers sanglant qui a agi comme élément déclencheur, mais une surcharge de travail et de tensions liée au mouvement social des « gilets jaunes », entrés en fronde contre la politique sociale et fiscale du gouvernement depuis près d’un an, et un bond des suicides au sein de la police (52 depuis janvier), un mal endémique dans l’institution.

Selon les organisations syndicales, 26 000 personnes participaient à cette mobilisation. Il y a près de 150 000 policiers en France.

« Il y a aujourd’hui des éléments qui s’ajoutent les uns aux autres : après la vague d’attentats terroristes, les forces de l’ordre ont dû faire face avec les gilets jaunes à une mobilisation dans la durée, avec des conditions d’intervention très difficiles. Il y a également la question des suicides qui ressurgit, mais aussi les relations détériorées avec la population », a expliqué Jacques Maillard, qui codirige un centre de recherches sur le droit et les institutions pénales.

Si les motivations de l’assaillant de la préfecture de police restent inconnues à ce stade, les forces de l’ordre figurent parmi les objectifs récurrents des organisations djihadistes, dont l’État islamique (EI).

Même si l’EI, qui avait autoproclamé un « califat » sur de vastes territoires en Irak et en Syrie, est désormais défaite sur ses terres, la France, touchée depuis 2015 par une vague d’attentats islamistes sans précédent qui a fait 251 morts, vit toujours sous une menace terroriste constante.

Gregory DANEL
Agence France-Presse

Source : La Pressa.ca (Canada)

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

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