Mauritanie : un collectif de réfugiés maliens demande une enquête sur des violences à Tombouctou

Le Collectif des Cadres de la Diaspora Bérabiche en Mauritanie (CCDBM) exige qu’une enquête internationale soit conduite, après des violences qui ont eu lieu dans la ville de Tombouctou, au nord du Mali. Les faits de sont déroulés au cours de la nuit du 18 au 19 septembre dernier.

Le Collectif des Cadres de la Diaspora Bérabiche en Mauritanie (CCDBM) exige l’initiation d’enquête internationale après des affrontements inter-communautaires à Tombouctou.

Les faits ont eu lieu dans la nuit du 18 au 19 septembre 2019, dans cette ville séculaire du nord du pays, ces affrontements se sont soldés par un bilan non encore établi à l’heure actuelle. Mais plusieurs morts sont à déplorer, ainsi que des blessés, et des scènes de pillages ont été constatées.

Décryptant ces événements de Tombouctou, dans un communiqué, le CCDBM «condamne avec la plus grande vigueur de graves violations des droits humains, commis sous le couvert de l’armée malienne, et sans aucune interposition des forces onusiennes».

Le document évoque «des cas de femmes violées, des habitations incendiées», ainsi que d’autres formes d’exactions, notamment des bastonnades collectives. Le CCDBM déplore de nombreux morts et des disparus, tous issus de la communauté bérabiche de Tombouctou.


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«Face à ces violations graves et répétées de droits humains», le CCDBM «demande l’ouverture d’une enquête internationale sur des crimes  de vols, pillages et expropriations, mais aussi au sujet de toutes les exactions commises depuis 1988, début de la rébellion pour la libération de l’Azawad».

Ces faits récurrents, dans un Mali devenu depuis quelques années l’épicentre de la violence dans le Sahel, sont systématiquement instrumentalisés par des forces anti-démocratiques et anti-républicaines, promptes à attiser la frustration et la haine.

Le document du CCBDM rappelle en outre l’histoire de la rébellion au Mali, dont le fondement politique est une revendication de l’indépendance des trois régions du Nord de ce pays, désignées par le terme Azawad.


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Cette crise politique et sécuritaire au Mali paraît de plus en plus insoluble, après l’annonce par les membres de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), de leur retrait du dialogue national inclusi voulu par le président malien Ibrahim Boubakar Keita, auquel ils reprochent d’avoir ouvert cette concertation à des forces opposées à l’Accord de paix conclu en 2015.

Rappelons qu’environ 50.000 Maliens originaires du Nord du pays, sont actuellement réfugiés dans le camp de M’Bera (dans le Sud-Est de la Mauritanie), et ce, depuis janvier 2012, après le déclenchement d’une rébellion armée Touareg, réclamant l’indépendance de l’Azawad.

Ces Maliens qui ont été supplantés sur leurs propres terres par des groupuscules terroristes, qui en ont entre-temps été chassés à la faveur d’une intervention de l’armée française, baptisée «opération Serval».

 

Cheikh Sidya

Correspondant à Nouakchott

Source : Le 360.ma (Maroc) – Le 27 septembre 2019

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