La Russie et la Chine inquiètes de la « course aux armements » relancée par les États-Unis

Dimanche 18 août, les États-Unis ont procédé au premier test d’un missile de croisière depuis la fin de la Guerre froide.

INTERNATIONAL – La Russie a accusé ce mardi 20 août les États-Unis de provoquer une “escalade des tensions militaires”. Cette déclaration fait suite à l’annonce américaine d’un premier test de missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide, conséquence de la fin du traité de désarmement INF.

Moins d’un mois après la mort de ce texte qui abolit l’usage -par la Russie et les États-Unis seuls- des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5.500 kilomètres, la course aux armements semble relancée entre les deux rivaux de la Guerre froide.

Dans la foulée, la Chine a réagi à son tour, accusant Washington de relancer la course aux armements. Comme la Russie, elle a mis en garde contre “une escalade des confrontations militaires”. Le test de missile “prouve que le véritable objectif du retrait américain était (…) d’avancer sans retenue vers le développement de missiles et de lutter pour la supériorité militaire unilatérale”, a déclaré Geng Shuang, le porte-parole de la diplomatie chinoise.

Une première étape vers des missiles de croisière, selon Moscou

 

Le test américain, réussi, a été effectué dimanche 18 août depuis l’île de San Nicolas, au large de la Californie, dans l’océan Pacifique, à 14h30 (soit 22h30 à Paris), selon le Pentagone. Le ministère a précisé qu’il s’agit d’une “variante d’un missile de croisière d’attaque sol-sol Tomahawk”. Des images publiées par l’armée américaine montrent le missile tiré à proximité du rivage, depuis un système de lancement vertical Mark 41.

 

“Nous regrettons tout cela. Les États-Unis prennent de manière flagrante le chemin d’une escalade des tensions militaires, mais nous ne cèderons pas à la provocation”, a réagi mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Selon Sergueï Riabkov, le “délai extrêmement serré” qu’il a fallu aux États-Unis pour procéder avec succès à ce test d’un nouveau missile après la fin du traité INF démontre que Washington s’était préparé de longue date à la mort de ce texte signé entre les deux pays. D’après le diplomate, l’usage du Tomahawk et du Mark-41 signifie que “ces systèmes seront utilisés pour le lancement non seulement de missiles intercepteurs, mais aussi de missiles de croisière”, qui disposent d’une longue portée.

Des armes pouvant être équipées de têtes nucléaires

 

Après six mois d’un dialogue de sourds, la Russie et les États-Unis avaient pris acte début août de la fin du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), dont la signature à la fin de la Guerre froide en 1987 avait mis un terme à la crise des euromissiles, déclenchée par le déploiement en Europe des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires.

Le traité avait été dénoncé par le président américain Donald Trump le 1er février, puis par Moscou le lendemain, les deux pays s’accusant mutuellement de le violer. Les Américains mettent notamment en cause le missile russe 9M729 d’une portée selon eux de 1.500 km, ce que Moscou dément, insistant sur le fait que son nouveau missile a une portée maximale de “480 kilomètres”.

Les États-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, et ils sont généralement tirés depuis des systèmes Mark 41. Ce qui est nouveau avec le test de dimanche, c’est que le système de lancement était installé au sol. Le missile est conventionnel, mais tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Un traité sur la taille des arsenaux expire en 2021

 

En visite en France lundi, le président russe Vladimir Poutine a répété que Moscou ne déploierait pas de nouveaux missiles tant que Washington ne le ferait pas. Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Emmanuel Macron, il a accusé les Américains de ne pas ”écouter” Moscou. “Les Européens ont intérêt à ce qu’on nous écoute et à réagir”, a-t-il lancé.

Début août, Vladimir Poutine avait déjà appelé Washington à un “dialogue sérieux” sur le désarmement pour ”éviter le chaos”. Il avait alors proposé un moratoire sur le déploiement des armes nucléaires prohibées par le traité INF.

Il ne reste désormais en vigueur qu’un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington: le traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide. Il doit arriver à échéance en 2021.

 

 

Le HuffPost avec AFP

 

 

Source : HuffPost

 

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