Exclusif – Aminata Satigui Diallo : « En matière de démocratie et d’élections, les contestations pacifiques sont naturelles ».

Madame Aminata Satigui Diallo, Présidente de l’ONG, Femmes pour l’Éducation, la Santé l’environnement et de la famille (FESEF). Elle est première responsable du Réseau Éducation, santé, environnement et genre (RESEG). Il s’agit, d’un ensemble qui regroupe une dizaine d’organisations non-gouvernementales et d’associations.

Elle milite en douceur depuis des années en faveur de l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation difficile.

Du coup, c’est une militante de cœur pour un développement socio-économique de son pays.

Après de longues études dans le domaine banques et fiances, Aminata travailla dans le secteur bancaire de la place durant des années. C’est au début des cinq dernières années, qu’elle a décidé de percer dans la scène politique nationale.

Mme Aminata Satigui Diallo répond aux questions de Tawary sur son parcours politique, les domaines dans lesquels son Ong intervient, une partie du programme du président nouvellement élu, la situation de la ville de Nouakchott à l’approche de l’hivernage et la lutte contre la délinquance.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler de votre parcours politique ?

Mme Diallo : D’abord de femme de développement, puis gestionnaire et enfin politique. S’agissant de mon parcours politique, il n’est pas mouvementé du fait que j’ai commencé par les mouvements associatifs avant de militer dans un parti politique…. Et d’ailleurs, lors de la campagne présidentielle passée, j’ai dirigé avec un groupe d’amis cadres, un Courant politique, dénommé, Moujeddidoune. Nous avions battu campagne en faveur du président nouvellement élu, Mohamed Ould Ghazwani.

Quelles sont les raisons qui ont motivé votre engagement politique et quelles sont aujourd’hui les principales actions que vous menez au sein de votre ong ?

Les raisons qui ont motivé mon engagement en vie politique c’est pour participer au développement de mon pays et pour répondre à votre question. Partant de mon expérience en gestion financière, que j’ai décidé de monter cette ong.

Mais suivant plusieurs raisons et je peux en citer : la situation des enfants issus de familles démunies, la précarité de plusieurs femmes et enfants et le taux élevé d’enfants qui ne vont pas à l’école. Et en plus, la prolifération des ordures et les eaux de pluies qui stagnent dans les rues et aux abords des maisons.

Là, je veux préciser, que nous voulons contribuer au développement du pays et à donner une bonne image à la capitale de notre pays, Nouakchott.

Comme cité plus haut, nous intervenons dans les domaines dans la santé, de l’éducation, de la réinsertion des enfants, l’assistance économique, la création des AGR en faveur des femmes démunies, l’assainissement, la santé,la lutte contre les violences faites aux femmes, la lutte contre la drogue,…….

Existe-t-il en Mauritanie des politiques publiques en faveur des personnes en situation difficile (prise en charge de soins, insertion professionnelle, etc.) ?

L’Etat mauritanien a créé l’Agence Tadamoun et l’ANAPEJ dans le cadre de la lutte contre plusieurs fléaux dont le chômage, la pauvreté et leurs effets. Effectivement, des politiques et des mesures importantes existent pour accompagner d’une façon ou d’une autre des personnes en situation telles que les handicapés physiques et surtout leur insertion dans la vie active.

Au delà des mesures que peuvent prendre les pouvoirs publics, les populations et les bonnes volontés n’ont-elles pas un rôle primordial à jouer dans la prise en charge des personnes en situation difficile, à commencer par le regard que la société peut porter sur elles ?

Les populations ont un rôle important à jouer en faveur de l’intégration des personnes en situation difficile. Cela doit d’abord passer par la famille qui, très souvent, proche de la personne en question : soit elle délaisse l’enfant handicapé pensant qu’il ne peut rien faire, soit il le surprotège.

Le regard de l’autre vient encore accentuer ces préjugés qui ne font que freiner le processus d’intégration des personnes en situation difficile et créer davantage de marginalisation. Plutôt que de mettre l’accent sur les incapacités de ce genre de personnes, la société devrait privilégier leurs capacités et les accompagner.

Il est vrai que la mise en œuvre de la loi d’orientation sociale élaborée par certaines ong nécessite un apport considérable de l’État, il faut aussi, de la part de l’ensemble de la société, une forte implication accompagnée d’un changement de mentalité pour vaincre les préjugés.

Selon vous quelles sont les mesures à prendre par les pouvoirs en place à l’approche des premières pluies sur la ville de Nouakchott ?

Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat de l’expansion de la ville de Nouakchott. La population de la capitale a doublé et la ville a grandi. Du coup, la maitrise de la situation devient de plus en plus, mais une structure dénommée ONAS a été montée et elle s’occupe de l’assainissement de la ville et surtout les zones qui retiennent les eaux de pluies. Dans le cadre de la lutte contre les inondations, des stations et des systèmes d’évacuation des eaux pluviales ont été construits dans plusieurs quartiers de Nouakchott.

Pour ce qui est de la salubrité, des sociétés privées de nettoyage travaillent pour rendre la ville propre afin d’éviter les maladies en période d’hivernage.

Le pouvoir actuel a multiplié les commissariats de police, instauré les brigades de contrôle et mobilisé les patrouilles dans les différents quartiers de Nouakchott. Et qu’on assiste toujours à des crimes et des vols. Où se situe le problème ?

Effectivement, les autorités actuelles ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels pour garantir la sécurité, mais, ce qu’il faut retenir, est que l’explosion démographique est synonyme de l’insécurité.

Les autorités ont fourni aux forces de sécurité du matériel nécessaire pour qu’elles accomplissent leur mission dans de bonnes conditions. Comme vous l’avez dit, des patrouilles motorisées sillonnent les quartiers dès la tombée de la nuit pour parer aux agissements des malfaiteurs.

Il est capital de souligner que l’usage de la drogue, l’exploitation négative des réseaux sociaux, le travail des enfants, la pauvreté et l’ignorance ont grandement contribué à l’insécurité ces dernières années et surtout dans les centres urbains.

Ce qu’il faut comprendre est que, les Oulémas, la société, la famille, la société civile, les partis politiques et l’école doivent contribuer activement à la sécurité. Ils doivent épauler les forces de sécurité dans la réussite de leur rôle qui est la sécurité des personnes et des biens.

Mais, il faut noter que les quartiers périphériques doivent bénéficier d’une large extension du réseau électrique et des postes de sécurité dans les coins et recoins des zones enclavées souvent refuges pour des gangs. Nous connaissons que la plupart des crimes et des agressions sont opérés de l’intérieur des quartiers et non sur les grands axes routiers.

Le Président nouvellement élu Mohamed Ould Ghazwani a placé au cœur de son programme la santé avec notamment la mise en place d’une couverture médicale universelle. Avez-vous un espoir de voir les problématiques liées aux femmes démunies et aux personnes défavorisées être mieux prises en charge par les pouvoirs publics ?

Le président nouvellement a dans son ambitieux programme mis en « gras » la santé, l’enseignement, l’emploi des jeunes, la formation professionnelle et l’intégration sociale. Ceci dit que la mise en place d’une couverture médicale universelle est une décision bien accueillie par les citoyens et en particulier les personnes pauvres car la santé demeure un besoin essentiel et certaines familles éprouvent d’énormes difficultés dans ce domaine.

Il reste cependant judicieux de noter que la question sanitaire constitue une problématique transversale : les personnes pauvres ont certes des problèmes de santé, mais elles ont aussi des difficultés d’emploi, de formation, de transport, d’habitat.

En d’autres termes, elles ont tous les problèmes que rencontrent les êtres humains. Donc le président nouvellement élu avait réfléchi dans son programme à la santé de la femme et de l’enfant et à une égalisation des chances pour tous les mauritaniens.

Le président Mohamed Ould Ghazwani doit entrer en fonction dès le 1er Août prochain après son investiture. A cette occasion qu’est-ce que vous avez à dire aux mauritaniens dont certains contesté son élection?

D’abord, je veux préciser ici que nous allons vivre une alternance pacifique au pouvoir, une phase rare chez nous. Après une campagne électorale vécue dans un climat de sérénité, de fraternité et de joie, les mauritaniens ont pu voter le 22 juin pour élire un président. Alors, en matière de démocratie et d’élections, les contestations pacifiques sont naturelles. Il y aura toujours des gens qui vont contester parce que nous vivons en démocratie.

Je reviens pour dire à mes sœurs et frères qu’il est de notre intérêt de vivre en parfaite collaboration et en paix. Car, nous sommes condamnés à vivre ensemble dans le but de bâtir notre pays et à contribuer à l’émergence et à l’unité nationale de notre cher pays.

En conclusion, nous devons accompagner notre président et son gouvernement dans le développement de notre pays. C’est dans notre intérêt de saluer l’esprit du dialogue et de la cohabitation politique pour parer à tous les problèmes qui peuvent entraver le processus démocratique et le développement économique et social du pays.

 

Propos recueillis par Aboubekrine SIDI

Source : Agence Tawary

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com

 

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