Océan en Péril : La Mauritanie face aux défis de la surpêche et de la pollution

La Mauritanie est ouverte sur  l’Océan Atlantique et sa façade maritime s’étend sur 720 km environ entre la limite sud de Nouadhibou et l’embouchure du fleuve Sénégal.

 

La zone marine et côtière mauritanienne est une zone de contact entre les espèces à affinité tempérée et les espèces à affinité tropicale. Elle se caractérise par le phénomène de l’upwelling, qui est un échange d’eau froide des profondeurs et d’eau chaude de la surface, permettant une richesse et une diversité biologique importantes.

Ceci justifie le fait que le littoral mauritanien soit considéré comme l’une des cotes abritant une très riche biodiversité, et l’une des plus poissonneuses au monde. Elle comprend notamment des écosystèmes de mangroves ou des marais à spartéines, une grande variété de poissons, des mammifères marins, des sélaciens (raies et requins), des crustacés et un grand nombre d’oiseaux marins.

Au-delà de cette richesse légendaire, notre façade maritime produit également la moitié de l’oxygène que nous respirons, agit comme thermostat naturel pour réguler la température offrant à nos villes du littoral………..un climat tempéré et doux.

Toutefois, les processus biologiques au niveau de ces écosystèmes marins sont bouleversés également par les changements climatiques. La fonte des neiges et des surfaces qu’elles couvrent (diminution de l’albédo) ont deux conséquences interdépendantes : la remontée du niveau des eaux et l’élévation de la température. Cette dernière a des conséquences sur l’écologie des espèces marines et leurs habitats.

Surexploitation :

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), quelques 80 millions de tonnes de poissons sont capturés chaque année dans les mers et les océans. La surpêche entraîne par conséquent une régression constante des stocks halieutiques.

Le secteur halieutique est vital pour la Mauritanie. Il reste le plus grand pourvoyeur d’emplois (53 000), représente 12 % du PIB du pays et entre 40 % et 50 % des recettes d’exportations.

Ce rôle de fer de lance de l’économie nationale, le secteur le doit à l’exploitation des ressources halieutiques de la Zone Economique Exclusive  (ZEE) réputée la plus poissonneuse au monde

L’Europe était jusqu’en 2010 le partenaire privilégié de la Mauritanie dans le secteur de la pêche. Depuis, le pays  a ouvert ses portes à un nouvel ami, la Chine, dans des conditions financièrement « différentes » et beaucoup plus favorables, et sans contrainte fiscale mais l’impact environnemental est énorme et de loin plus  nocif du fait des techniques de pêche.

La Chine a construit en Mauritanie des usines pour produire de la farine de poisson exportée en Asie pour nourrir les poissons d’élevage. Usines qui sont également source de pollution de l’air et de la baie de l’étoile et du lévrier, particulièrement à Nouadhibou, la capitale économique.

Selon la FAO, La surpêche n’a pas que des incidences écologiques nuisibles, elle réduit aussi la production sur le long terme, entraînant ainsi des conséquences économiques et sociales négatives.

L’exploitation sans limite des ressources halieutiques dans un pays comme la Mauritanie, les avancées technologiques qui facilitent l’exploitation des fonds marins, l’intensification des méthodes de pêche et les forages pétroliers et gaziers toujours plus en profondeur peuvent  conduire à des situations dramatiques. Au-delà de certaines pratiques, comme la pêche au chalut  jugée non durable car non sélective, c’est une pression considérable qu’exercent l’ensemble des pêcheries industrielles mondiales sur les ressources marines. Plus les stocks de poissons diminuent, plus les techniques de pêche deviennent extrêmes, intrusives et capables d’accélérer l’extinction des espèces.

Pollution :

Les activités marines telles que la pêche industrielle et artisanale, les activités extractives, et le transport maritime rejettent de grandes quantités de substances toxiques dans l’océan. Les engrais et les pesticides utilisés dans les exploitations agricoles, les déchets industriels, les gaz d’échappement émis dans les rues et sur les axes routiers, les eaux usées et les détritus, finissent très souvent dans nos océans.

La Mauritanie et le Sénégal vont lancer d’ici quelques années, l’exploitation du gisement gazier GrandTortue/Ahmeyim à la frontière entre les deux pays. Ce qui accentue la pression sur les écosystèmes marins et côtiers déjà durement impactés par la surpêche, la pollution, le changement climatique, entre autres.

Pratiquement toute la zone côtière et marine, y compris des zones primordiales de biodiversité, des zones de pêche clés et des sites de tourisme importants, ont été divisés en blocs ouverts aux activités d’exploration pétrolières et gazières. De nombreuses entreprises font de la prospection de pétrole et de gaz tandis que d’autres sont en phase imminente d’exploitation.

Par ailleurs, les espèces animales telles que les poissons, les oiseaux, les reptiles et les mammifères souffrent de la pollution. Les chercheurs indiquent que 40 % des cétacés et 44 % des oiseaux marins ingèrent des déchets composés à 80 % de matière plastique. Bien vrai que la Mauritanie a interdit les sacs en plastiques.

A quand une gestion durable et pérenne de nos océans face à la surexploitation actuelle de nos ressources halieutiques qui risquent très vite de ne plus être en capacité de pouvoir répondre aux besoins mondiaux par extinction des espèces ?

A l’ensemble des menaces pesant sur la mer déjà évoquées, on pourrait rajouter de multiples autres facteurs, avec en priorité la question du réchauffement climatique, dont les impacts considérables sur les populations marines provoquent  de multiples destructions d’espèces (coraux) et de modifications des écosystèmes marins.

Autre facteur non négligeable, assez visible  avec le plastique ou les produits chimiques, ce sont les pollutions des océans. Et on pourrait bien rajouter les activités minières offshores et  d’autres choses, et d’autres encore !

Ndèye Sow Sidi

Source : Initiatives News (Le 09 juillet 2019)

 

 

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