Faut-il craindre l’arbitrage à la CAN?

Les deux dernières finales africaines interclubs ont donné lieu à de sérieuses polémiques d’arbitrage. À quelques jours de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations en Égypte, faut-il s’en inquiéter?

Est-ce un épiphénomène ou une tendance? Les couacs d’arbitrages survenus lors des finales de la Coupe de la CAF et de la Ligue des Champions sont-ils des cas isolés, ou au contraire sont précurseurs de ce qui risque de se passer en Égypte à la CAN du 21 juin au 19 juillet prochains?

La loi des séries

Cette saison, de nombreux matches des compétitions CAF ont été le théâtre de malheureuses polémiques liées à l’arbitrage. Le scandale de Radès entre l’Espérance Sportive de Tunis et le Wydad de Casablanca n’est que le dernier épisode d’une triste saga qui a vu se multiplier les erreurs, que ce soit en Ligue des Champions ou en Coupe de la CAF. Lors de la phase de poules de la C3, dans un match entre le Raja et la RSB, l’arbitre oublie de siffler un penalty en faveur des Verts alors que Banoun est ceinturé dans la surface. Plus tard dans la compétition, en quart de finale, le Hassania d’Agadir affronte le Zamalek du Caire et se voit refuser une égalisation alors que le ballon a franchi la ligne de but.

Plus récemment, en finale de cette même Coupe de la CAF entre le Zamalek et la Renaissance Sportive de Berkane, l’arbitre éthiopien Bemlak Tessema ne sanctionne pas le gardien de but égyptien, coupable d’une faute technique, d’un deuxième carton jaune, pendant la séance de tirs aux buts. Une décision qui déclenche la colère des Oranges, soutenus par la FRMF dans leur demande de réparation auprès de la CAF. Sans conséquences.

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Mais le véritable scandale s’est produit la semaine dernière à Radès en finale retour de la Ligue des Champions. À cause d’un dispositif d’assisance vidéo à l’arbitrage (VAR) défaillant, Le Wydad n’a pas pu faire valider son but, pourtant parfaitement valable. Après une heure et demi de tergiversations, Bakary Gassama siffle la fin du match et l’Espérance de Tunis est déclarée vainqueur. La finale retour sera rejouée sur décision de la CAF, mais il ne faut pas oublier les soubressauts de la finale aller à Rabat. L’arbitre Gehad Gresha s’était illustré en refusant un penalty et un but aux Casablancais. Cette mauvaise prestation vaudra à l’Égyptien une suspension de 6 mois.

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La VAR en question

Alors qu’elle vient de faire son apparition dans le paysage footballistique africain, la VAR est déjà décriée. Pour la première fois, ce dispositif va être utilisé dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations, le tournoi le plus important du continent. Mais seulement à partir des quarts de finale. Concrètement, 44 matches sur les 52 qui seront disputés en Égypte n’en profiteront pas, ce qui risque de laisser le champ libre à de nombreuses contestations. En présence de la VAR, les polémiques sont déjà multiples puisque soumises à l’appréciation de l’arbitre qui reste « maître du jeu ». Alors sans VAR, il faut s’attendre à des palabres interminables pour obtenir réparation pour un but refusé ou une situation litigieuse dans la surface de réparation.

Un avant et un après Espérance-Wydad

Si la CAF a finalement trouvé une « issue règlementaire » à la finale retour de Ligue des Champions entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca en faisant rejouer le match, il est à craindre que des équipes participantes à la CAN s’appuient sur les événements de Radès pour faire valoir leur cause. Avec ou sans VAR pour valider une décision, certains n’hésiteront pas à s’engouffrer dans la brèche créée par la CAF, pour éviter un résultat négatif, une élimination, ou pour forcer un arbitre, en toute mauvaise foi, à accorder un but. Lors de la finale de la Ligue des Champions, la requête des Marocains était légitime, pas sûr que dans les prochaines semaines, tous les recours à la vidéo assistance à l’arbitrage le soient. L’objectivité et la sérénité des acteurs dans un moment de forte pression n’est pas garantie, loin de là.

Quoi qu’il en soit, le corps arbitral devra se montrer sous son meilleur jour dans un contexte difficile aux forts enjeux, mais les dernières prestations continentales en la matière n’encouragent pas à l’optimisme.

 

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Source : Le 360.ma (Maroc)

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