Le trou noir

Jamais une fois, je n’ai cru aux accusations que ses adversaires, ses détracteurs et ses ennemis adressaient au président Mohamed ould Abd Al Aziz.

Au contraire, je lui cherchais toujours des excuses, dont la moindre est qu’il ne pouvait pas réaliser plus loin que ce dont il était capable. Ceci d’ailleurs a toujours été ma position devant toutes allégations contre quiconque.

Je m’en suis toujours tenu à la parole divine : « O ! Vous les croyants, quand un pervers vous apporte une nouvelle soyez circonspects de crainte de faire un tort aux gens et que vous regrettiez votre acte par la suite. ».

Cependant il y-a autre choses que les commérages, les médisances et les calomnies.

Il y a ce que j’ai vu et vécu au temps de ce président actuel et que je veux lui dire, pour lui, pour ses collaborateurs, ses proches, ses conseillers et pour tous ceux qui gouverneront le pays à l’avenir.

Je vais dire au président Aziz comment sciemment ou inconsciemment il a contribué à la haine et à l’aversion que beaucoup de citoyens portent aujourd’hui pour leur pays.

Comment l’armée nationale qui a versé son sang sur les champs d’honneur, au Sahara au Mali et ailleurs, pour la défense de cette patrie et ce peuple, est devenue presque un « ennemi ». Ce mot « Askar », est devenu aujourd’hui synonyme de tyrannie, de démocratie falsifiée de mépris du citoyen et de gabegie organisé. Il n’est autre que la dénomination donnée à ceux parmi nos enfants qui, sous le drapeau doivent défendre la dignité de la nation.

Ce peuple, qui sous les obus et les bombes du Polisario, rampait sur les dunes au nord de Nouakchott, derrière ses braves guerriers, chantant « Etqawwi Yaljalal Ketayib Mouritan. ». a changé d’opinion.

Nous avons vieilli, mais nous n’avons pas oublié.

C’est pourquoi aujourd’hui, nous sommes obligés de nous poser certaines questions, parmi lesquelles : « Qu’est ce qui s’est passé entretemps pour que cet amour, sous les déflagrations de projectiles, le sifflement des balles meurtrières d’El Welli, chef du commando du Sahara (Allah yarhamou), a donné cette haine entre un peuple et ses fils qui portent leurs sang en bandoulière pour le défendre et le protéger ? ».

La question est de taille et pour y répondre, une certaine franchise est de mise.

Monsieur le président, messieurs et dames qui l’entourent. Dieu a dit : « Je m’interdit l’injustice et je l’interdis entre vous.»

 Pensez-vous alors, vous rentre légal ce qui a été interdit au Seigneur des mondes à qui personne ne peut demander des comptes ?

Ce ne sont pas les militaires qui  font mal, mais ceux qui dirigent l’ensemble des citoyens et les militaires avec eux.

Le prophète (psl) a dit : « le summum de la méchanceté pour un individu est de mépriser son frère croyant ».

N’est-ce pas ce mépris des lois, des règles des partages, de l’équité, de la morale du bon sens qui a fait que vous vous êtes attiré tous ces gallons de haines qui inondent les oueds et les fleuves sociaux du pays ?

Monsieur le président, et ceci est la raison de mon écrit aujourd’hui, vous venez d’achever une visite à l’état du Koweït frère. Il s’y trouve une très petite communauté mauritanienne, dont certain détachés par l’état mauritanien, qui sont là depuis 22 ans. N’était-il pas plus fortifiant pour ces concitoyens et plus honorable, pour votre honorable personne de les rencontrer pour dix ou quinze minutes ? Question de lustrer le tableau national.

Savez-vous que certains roulaient deux jours avant votre arrivée sur les ponts pour admirer le drapeau national ? Que d’autres, un petit groupe insignifiant était rassemblés à côté des tours du Koweït pour voir le cortège de leur pays quand on vous y offrait un déjeuner à 13 heures?

Le peuple et le gouvernement koweitiens sont très sensibles et sont de fins observateurs.

Que penseront-ils des relations gouvernent-gouvernés en Mauritanie, quand ils voient le président du Niger Issouffou, rassembler toute la communauté nigérienne dans un hôtel pour marquer la valeur de ses concitoyens ? Du président sénégalais, qui rassemble toute l’Afrique ensemble pour signifier l’importance du continent à ses yeux.

Nous sommes les sculpteurs de notre image aux yeux des autres monsieur le président.

Ce mépris nous pouvons l’essuyer, mais les cadres du pays hôte ne comprendraient pas cette morale mauritanienne.

Nous avons tous différentes relations avec les gens de ce pays et nous essuyons des questions parfois gênantes et difficiles.

Même s’il y a des tendances politiques qui ne vous plaisent pas, il y a aussi des enfants, a qui ont raconté les gloires de chez eux, il y a ceux qui n’ont jamais fait de politique, il y a le mauritanien tout court monsieur le président et la délégation qui l’accompagne.  Il y a  et il ya… un président est fait pour être au-dessus de la mêlé.

Son excellence Mohameden ould Moctar ould Daddah, notre nouvel ambassadeur a dès son arrive contacté tout le monde. Avant lui son excellence Md Lemine ould ElBeyed le premier conseiller.

Leur arrivée a fait le tour de l’état et tout le monde ici a su que la république islamique de Mauritanie a eu de nouveaux représentants. Ceci n’a fait de mal à personne, mais beaucoup de bien au pays.

C’est ainsi que les citoyens sentent le nombril patriotique sacré, qu’ils le vénèrent et se solidarisent autour de lui.

Le sentiment commun chez tous les citoyens que j’ai rencontrés dans cette contrée est l’amer sensation de mépris de la part de leurs responsables ou de l’exploitation pour le moins inhumaine indigne et indécente dont ils sont victimes au moindre changement d’un passeport ou l’enregistrement de la naissance d’un nouveau-né mauritanien, tombé  sur une terre loin de la sienne.

Pourtant jusqu’à très récemment nous recevions nos nouveaux nés avec les youyous et les moutons gros et gras.

Monsieur le président et messieurs ceux qui l’entourent et ceux qui lui sont proches ; beaucoup de citoyens sentent de plus en plus fort que les responsables de la décision les méprisent, les exploitent et plus grave : travaillent à les spolier de leur part de valeur nationale. Ceci est grave et dangereux.

Mieux vaut massacrer tout un peuple, que le blesser si profondément et de le laisser en vie.

La loi du boomerang est toujours d’actualité. Et Dieu est avec le juste. Il est Le Juste.

Vous pouviez être et vous deviez être beaucoup plus grands que cela.

Personne ne vous dispute les grâces et les faveurs qu’Allah vous a données. Mais laissez quelque chose aux autres et sachez que ce pays appartient également à tous les mauritaniens. Respectez-les et partagez avec eux les opinions, les avis et les décisions sur leur pays.

Votre cercle donne l’impression de construire un mur de Berlin entre lui et les faibles de ce pays. Dans tous les domaines.

Ceci est dangereux. Evitez-le. Ce genre de politiques conduits aux violentes réactions et à la ruine.

Nous avons l’impression d’un trou noir qui absorbe toute les raisons sacrées de notre existence. Ceci fait mal, très mal, messieurs nos élus.

Qui n’a pas entendu parler de ces phénomènes mystérieux de l’espace, ces monstres à l’affut de l’inconnu des galaxies et qui avalent tout ce qui s’approche de leur sillage ?

La caractéristique d’un trou noir est qu’il phagocyte tout et ne donne rien concernant sa nature sa forme ou sa consistance.

Si les astronomes ont jusqu’à présent été complètements impuissant à cerner le moindre renseignement sur le phénomène, un autre phénomène, presque similaire est à demi identifiable dans notre galaxie, sur notre continent dans notre pays : le trou noir national de la Mauritanie.

Les observatoires les plus précis du pays n’ont pu sentir la puissance réelle, mais ont défini  les contours du monstre.

Monsieur le président. Messieurs ceux l’entourent. Peut-être vous êtes sur le point de partir de laisser l’héritage à ceux que vous aurez choisis parmi les vôtres. Ceux qui seuls, ont le droit à l’héritage. Mon conseil, de moi qui n’a jamais fait la politique est de laisser un mémorandum sur les murs de votre tour, stipulant que celui qui méprise son peuple, tue par injustice et mourra par l’injustice.

Dieu n’est pas inattentif a c e qui se passe, ce qui s’est passé, ce qui se passera et ce qu’Il décidera de ne jamais laisser se passer.

Car La Décision est sienne.

 

 

Mohamed Hanefi

Koweït

(Reçu à Kassataya le 25 avril 2019)

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