Les victimes du 10 avril en Gambie s’opposent à l’amnistie

Les survivants de la tuerie du 10 avril 2000 demandent l’abrogation de la loi d’amnistie accordant l’impunité à ceux qui ont tiré à balles réelles sur des manifestants aux mains nues à Kanifing.

 

Certains survivants devenus handicapés physiques ou souffrant de troubles divers attendent toujours que l’Etat gambien leur vienne en aide.

Une requête des victimes qui braque désormais la société civile gambienne, quelques jours après la commémoration de l’an 19 de ce massacre.

Pour rappel, le 10 avril 2000 les éléments des forces de l’ordre gambiennes tirent à balles réelles et tuent 14 élèves et étudiants ainsi qu’un secouriste lors d’une manifestation à Kanifing.

Les élèves réclamaient justice à la suite de deux évènements distincts : la justice pour Ebrima Barry, un collégien décédé après une séance de torture dans une caserne de sapeurs-pompiers à Brikama et ensuite pour une collégienne de 13 ans, violée lors d’un festival de la jeunesse par en homme portant une tenue de la police gambienne.

19 ans après cette cascade de drames, les auteurs du massacre des élèves, les tortionnaires d’Ebrima Barry tout comme le violeur présumé de la jeune collégienne n’ont jamais été inquiétés.

La raison de leur impunité, ils sont protégés par une loi d’amnistie votée en 2000 par l’Assemblée nationale de Gambie. Aujourd’hui, cette loi d’amnistie est toujours en vigueur malgré les promesses du président Adama Barrow de l’abroger.

 »La faute incombe au gouvernement et à l’Assemblée nationale. Ils sont complètement inutiles par rapport à cette loi. Ils ont plus de préoccupation pour les choses qui les intéressent plutôt que ce qui nous concernent en tant que société civile.

Ce qui ne les dérange pas directement est toujours en place » se désole l’Imam Baba Leigh, un défenseur des droits de l’homme et membre de la société civile gambienne.

Au-delà de la loi, ce qui révolte le plus les familles des victimes et les survivants de la tuerie du 10 avril 2000, c’est qu’ils se sentent abandonnés par le régime actuel de Gambie.

Une vingtaine de survivants souffrent de handicapes et de troubles divers. Depuis un an, ils sont dans l’attente de leurs billets d’avion pour aller se soigner en Turquie.

 »Ces victimes souffrent depuis 19 ans sans aucun soutien, ni l’intervention du gouvernement. Nous ferons tout ce qu’il faut pour nous assurer que le gouvernement s’engage et cela, même s’il faut manifester à nouveau afin que l’Etat prenne en charger les victimes » souligne Sheriff Kijera, le directeur exécutif du centre gambien pour les victimes de Yahya Jammeh.

Nouvellement créé par le Président Adama Barrow, la Commission nationale des Droits de l’homme est chargée d’orienter son gouvernement sur le respect de la dignité et de la vie des gambiens. L’organisation dit prendre au sérieux le grief des victimes du 10 avril.

 »La Commission nationale des droits de l’homme demandera au gouvernement d’abroger la loi d’amnistie. Parce qu’il est inacceptable d’avoir de telle loi dans un environnement démocratique » estime Emmanuel Joof, le président de la Commission.

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Source : BBC Afrique

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