Le Sénégal échappera-t-il à la malédiction du pétrole ?

Les premiers barils de pétrole sont attendus en 2021 au Sénégal, après l’annonce des découvertes d’hydrocarbures en 2014. Pour ce qui est du gaz, l’exploitation est prévue à partir de 2022.

 

Le prochain président sénégalais devra relever le défi de la transparence dans l’industrie pétrolière et gazière, mais aussi éviter la malédiction du pétrole.

Les réserves de pétrole découvertes ces dernières années au Sénégal sont estimées à trois milliards de barils et d’environ 450 milliards de mètres cubes pour le gaz.

L’exploitation est attendue entre 2021 et 2022, et cela va fondamentalement avoir un impact sur l’économie sénégalaise.

Le président Macky Sall et le Premier ministre Mahammed Dionne ont dirigé, en juin 2018, une concertation nationale sur la gestion des ressources de pétrole et de gaz.

Le président Macky Sall et le Premier ministre Mahammed Dionne ont dirigé, en juin 2018, une concertation nationale sur la gestion des ressources de pétrole et de gaz.

« Les enjeux de l’industrie pétrolière sont multiples. Le premier est un enjeu technique pour le pays. Nous devons avoir une administration d’un bon niveau », a expliqué à BBC l’ingénieur géologue Fary Ndao, auteur du livre « L’or noir du Sénégal : comprendre l’industrie pétrolière et ses enjeux au Sénégal ».

« Le deuxième est un enjeu énergétique et écologique. Puisqu’on a du gaz, il faut abandonner le charbon. Avec le gaz, on a un combustible qui émet moins de gaz carbonique, qui pollue moins. Et le dernier enjeu est économique. Il faut veiller à ne pas se baser uniquement sur cette ressource, comme l’ont fait d’autres pays », a ajouté M. Ndao.

Selon lui, la transparence dans la gestion des ressources pétrolières et gazières est aussi un enjeu important pour le prochain président.

Mais le Sénégal pourra-t-il éviter la « malédiction du pétrole » ? L’expert pétrolier et consultant international Bachir Dramé pense que le pays est suffisamment outillé pour y arriver.

« La première innovation, c’est le cadre légal et juridique, le cadre institutionnel qui a été revu. L’autre innovation, c’est la force de la société civile qui, dès le début, a pris les choses en main pour éviter la spoliation », observe M. Dramé.

La gestion des ressources pétrolières et gazières suscite déjà la polémique au Sénégal.

La gestion des ressources pétrolières et gazières suscite déjà la polémique au Sénégal.

Une bonne frange de la société civile déplore sa faible implication dans l’élaboration du nouveau code pétrolier.

Demba Seydi, le coordonnateur régional pour l’Afrique de l’Ouest francophone de la coalition mondiale « Publiez ce que vous payez », déplore que la réforme du code pétrolier soit menée à moins de deux mois de l’élection présidentielle.

« Au moment où les populations sont concentrées sur l’élection présidentielle, on veut adopter des lois qui n’ont rien à voir avec cette élection. C’est une distraction. Pour nous, le contexte et le moment sont mal choisis pour adopter une loi sur le code pétrolier, une loi si importante pour le Sénégal », a dénoncé M. Seydi.

Si toutes les prévisions se confirment, l’économie sénégalaise présentera un nouveau visage à partir de 2021, avec l’exploitation du pétrole et du gaz.

Le défi pour le président qui sera élu à l’issue du scrutin du 24 février 2019 est de veiller à ce que la nouvelle industrie pétrolière et gazière n’ait pas un impact négatif sur le pays.

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Source : BBC Afrique

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