États-Unis – Traité INF : le risque d’une “nouvelle course aux armements”

Vendredi 1er février, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient se retirer du traité de désarmement nucléaire INF, signé lors de la Guerre froide avec Moscou. Pour le New York Times, cette décision est dangereuse.

 

“La décision de l’administration Trump pourrait provoquer une nouvelle course aux armements – non seulement avec la Russie, mais aussi avec la Chine”, estime le New York Times.

L’annonce de la prochaine suspension du traité de désarmement nucléaire INF, survient après “cinq années de vifs échanges entre les États-Unis et la Russie, le premier accusant le second de violer l’accord” signé à la fin de la Guerre froide, en 1987, par le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, et le président américain de l’époque, Ronald Reagan. Il porte sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, et abolit l’usage des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5 500 km.

“La fin de plus d’un demi-siècle de contrôle”

 

Début décembre, depuis Bruxelles et avec le soutien de l’Otan, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu’à ce samedi 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée.

Outre la décision de suspendre ce traité, les États-Unis ont également recommencé à fabriquer des armes nucléaires de longue portée, une première depuis 1991. “Ces deux changements semblent indiquer la fin de plus d’un demi-siècle de contrôle traditionnel des armes nucléaires”, estime le quotidien américain.

Retrait dans six mois

 

Donald Trump a indiqué que le retrait serait effectif dans six mois, “à moins que la Russie respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte”. Et d’ajouter :

J’espère que nous serons capables de nous retrouver tous ensemble dans une grande et belle salle, et rédiger un nouveau traité qui serait bien meilleur”.

Les États-Unis recherchent une nouvelle stratégie pour relancer le traité, “mais seulement si tous les pays qui ont désormais déployé des armes de ce type, sont désireux d’en limiter le nombre ou de les éliminer”, explique le journal.

Mais “ça serait une tâche considérablement ambitieuse” car “cela demanderait que la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Corée du Nord signent le même accord”.

431 milliards d’euros

 

De son côté, le gouvernement russe “a accusé l’administration Trump de chercher n’importe quelle excuse pour mettre fin à l’accord”. Samedi 2 février, au lendemain de la décision américaine, le président Vladimir Poutine a également annoncé que son pays suspendait sa participation au traité. “Nous attendrons que nos partenaires aient suffisamment mûri”, a-t-il déclaré.

“Une chose est évidente”, rappelle le New York Times, “si une nouvelle course aux armements débute, elle sera cher”. Pour les dix prochaines années, le coût de modernisation de l’arsenal nucléaire est estimé à 494 milliards de dollars (431 milliards d’euros), “87 fois la somme que réclame M. Trump pour construire son mur” à la frontière mexicaine, a calculé le journal.

Selon le sénateur démocrate, Edward J. Markey, cité dans l’article, la suspension du traité est “une tragédie qui rend le monde moins sûr”.

Le président Trump et son gouvernement de guerre ont une fois de plus décidé que l’Amérique devait y aller seul, cette fois, en posant les bases d’une dangereuse course aux armements”.

 

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Source : Courrier international (Le 02 février 2019)

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