Trump-Kim, Kim-Moon, Sadate-Begin, Obama-Castro… Des poignées de mains historiques

 

Kim Jong Un et Moon Jae-in 

Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in le 27 avril dernier, lors d’un sommet historique à Panmunjom. AFP/Korea Summit Press Pool/Korea Summit Press Pool

Le 27 avril 2018, quelques semaines avant le sommet Kim-Trump à Singapour, le dirigeant nord-coréen échange une poignée de main avec le président sud-coréen Moon Jae-in sur la Ligne de démarcation militaire qui divise la Corée. M. Kim est à cette occasion le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953). M. Moon passe même, à l’invitation impromptue de Kim Jong Un, brièvement du côté nord de la frontière. Cette rencontre de plusieurs heures entre les deux hommes concrétise la détente qui s’est emparée de la péninsule depuis la participation de la Corée du Nord aux jeux Olympiques d’hiver organisés au Sud en février.

Obama et Raul Castro

Barack Obama et Raoul Castro, le 29 septembre 2015, au siège de l’ONU, à New York. AFP Photo/Mandel Ngan

Le 10 décembre 2013 en Afrique du Sud, le président américain Barack Obama provoque la surprise en donnant une poignée de main à son homologue cubain Raul Castro lors des obsèques de Nelson Mandela.

Dans le stade de Soweto, M. Obama, qui se dirige vers la tribune pour prononcer un discours, serre les mains des dignitaires présents sur son chemin, dont Raul Castro. Les images diffusées par la télévision sud-africaine montrent qu’ils échangent aussi quelques mots.

Alors que les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques officielles en 1961 et entretiennent depuis une longue histoire d’hostilité mutuelle, ce geste non programmé sera suivi un an plus tard par un rapprochement inattendu entre les anciens ennemis, puis par la reprise officielle des relations diplomatiques.

Elizabeth II et McGuinness

La reine Elizabeth II serre la main du vice-Premier ministre d’Irlande du Nord, Martin McGuinness, en présence du Premier ministre Peter Robinson (2e g) et du prince Philip (d), le 27 juin 2012 à Belfast AFP/PAUL FAITH

L’une des images les plus emblématiques du processus de paix en Irlande du Nord est celle de la poignée de main échangée le 27 juin 2012, dans un théâtre de Belfast, entre la reine Elizabeth II et l’ancien commandant de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) Martin McGuinness.

Après avoir combattu la domination britannique pendant les 30 ans de « troubles » en Irlande du Nord, McGuinness était devenu un négociateur majeur de l’accord de paix du Vendredi Saint en 1998, et l’un des principaux artisans du désarmement du mouvement clandestin en 2005.

Arafat et Rabin 

Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, le 13 septembre 1993, sur la pelouse de la Maison Blanche. Gary Hershorn/Reuters   

Le 13 septembre 1993 à Washington, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le leader de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat, les deux ennemis jurés, scellent sous l’oeil du président Bill Clinton leur difficile union.

Ce jour-là, sur la pelouse de la Maison Blanche, la Déclaration de principes sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans, secrètement négociée à Oslo, vient d’être paraphée.

Bill Clinton se tourne alors vers M. Rabin et lui serre la main, puis il serre celle de M. Arafat, de l’autre côté. Le dirigeant palestinien, qui s’est un peu incliné pour ce geste, poursuit son mouvement et tend une main, visiblement hésitante, au Premier ministre israélien. Après un court instant d’hésitation, celui qui fut de toutes les batailles contre les Palestiniens saisit cette main tendue, déclenchant les applaudissements et les cris du public.
Aujourd’hui, le règlement du conflit israélo-palestinien est toujours dans l’impasse.

Sadate et Begin 

Anouar el-Sadate et Menahem Begin, à l’arrivée du premier à l’aéroport de Lod. Archives Bibliothèque du Congrès américain

Le 19 novembre 1977, le président égyptien Anouar el-Sadate est le premier chef d’Etat arabe à se rendre en Israël depuis la fondation de l’Etat en 1948 et après quatre guerres israélo-arabes.  Il arrive à l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv, pour une visite de 43 heures. Au bas de l’avion l’attendent son homologue israélien Ephraïm Katzir et le Premier ministre Menahem Begin. Les trois hommes se serrent la main, presque invisibles derrière une cohue de photographes et de gardes du corps.

Ce voyage historique à Jérusalem ouvrira la voie aux accords de Camp David qui aboutiront en mars 1979 à la signature du traité de paix israélo-égyptien, le premier conclu entre Israël et l’un de ses voisins. Très critiqué dans son propre pays, Anouar el-Sadate sera assassiné en 1981 par des islamistes.

AFP

Source : L’Orient Le Jour (Liban)

 

 

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