Un tweet, une crise diplomatique : Trump commence l’année en fâchant le Pakistan

L’ambassadeur américain David Hale a été convoqué après le dernier tweet de Donald Trump.

Le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait supprimer l’aide fournie au Pakistan, reprochant une nouvelle fois à Islamabad de ne pas faire assez pour combattre le terrorisme. Dans son premier tweet de 2018 envoyé lundi, le président des Etats-Unis écrit :

« Les Etats-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d’aide au Pakistan ces 15 dernières années, et ils ne nous ont rien donné en retour si ce n’est des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots. »

« Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans grande aide. C’est fini ! », lance Donald Trump.

« Des invectives et de la méfiance »

La réaction du Pakistan ne s’est pas faite attendre. Le Pakistan « a donné gratuitement accès aux Etats-Unis à son espace aérien et terrestre, des bases militaires et une coopération en matière d’intelligence qui ont décimé Al-Qaïda depuis 16 ans, mais ils ne nous ont rien donné en échange, à part des invectives et de la méfiance », a tweeté le ministre pakistanais de la Défense Khurram Dastgir-Khan :

Interrogé peu après sur la chaîne pakistanaise Geo Television, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Khawaja Mohammad Asif a attribué les commentaires de Donald Trump au fait que les Etats-Unis se retrouvent « dans une impasse en Afghanistan ». « Si nous recevons de l’argent des Etats-Unis, c’est pour des services rendus », a ajouté le chef de la diplomatie pakistanaise.

Relations difficiles

Le « New York Times » avait rapporté la semaine dernière que l’administration Trump examinait très sérieusement la possibilité de ne pas payer 255 millions de dollars d’aide dont le versement a déjà été retardé, estimant qu’Islamabad ne fait pas assez pour combattre les groupes terroristes qui se trouvent sur son territoire.

Une décision devrait être prise « dans les prochaines semaines », précisait le quotidien.

Les relations américano-pakistanaises, déjà difficiles sous l’administration Obama qui dénonçait l’attitude ambiguë d’Islamabad envers les rebelles talibans en Afghanistan, se sont encore dégradées avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. En décembre, Donald Trump avait déjà menacé de ne plus aider le Pakistan. Lors de la présentation de sa stratégie pour la sécurité nationale, il avait lancé :

« Nous versons des sommes énormes chaque année au Pakistan. Il faut qu’ils nous aident. »

Le Pakistan dément de longue date les accusations américaines et reproche à Washington d’ignorer les milliers de Pakistanais tués dans la lutte contre le terrorisme et les milliards de dollars dépensés pour la lutte contre les extrémistes.

Les relations avec le Pakistan sont rendues plus complexes par le fait que le pays est une puissance nucléaire, un arsenal que les partenaires d’Islamabad ne souhaitent pas voir tomber aux mains d’extrémistes. En outre, l’armée américaine a besoin de l’aide logistique du Pakistan pour accéder à ses troupes basées en Afghanistan.

Ambassadeur américain convoqué

A la suite de la nouvelle charge de Donald Trump, le Pakistan a convoqué lundi l’ambassadeur américain à Islamabad, a indiqué mardi un porte-parole américain, un geste de défiance rare après les menaces du président américaine.

L’ambassadeur David Hale a été invité à se rendre lundi soir au ministère des Affaires étrangères pakistanais, a déclaré un porte-parole de l’ambassade, ajoutant : « Il y est allé et a rencontré des responsables. Nous n’avons pas de commentaire à faire sur la teneur de la réunion. »

 

Avec AFP

 

Source : L’Obs (France)

 

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