Mauritanie : le métissage culturel, clé de la cohabitation

Abdoulaye Oiga s'est confié cette semaine au quotidien mauritanien de Nouakchott.

L'ancien patron de la Sécurité sociale s'est montré très critique sur la grave situation des Noirs dans son pays au point que ni le dialogue politique avec l'opposition ni les débats nationaux ne serviront qu'à cautionner une politique d'extinction des communautés négro-africaine et Hratine menée jusqu'ici par les différents locataires du palais de Nouakchott à quelques exception près.Le fils du terroir appelle à ses compatriotes à faire du métissage culturel un point fort dans les relations entre les différentes composantes et aux hommes politiques d'assumer cette responsabilité historique pour l'avenir du pays.

Les mauritaniens d'aujourd'hui viennent de très loin.L'histoire atteste que c'est un peuple métissé de maures, de berbères, d'arabes et d'africains noirs depuis des siècles.Cette vérité historique est plus ou moins écornée aujourd'hui par une image totalement arabe de la Mauritanie prônée notamment par les dirigeants politiques et une frange extrémiste d'obédience arabe.Une fausse vision que ne partage pas Abdoulaye Oiga, ancien patron de la sécurité sociale en se confiant cette semaine au quotidien de Nouakchott.

Le fils du terroir s'est inspiré du métissage culturel né de la rencontre entre les royaumes africains et les émirats de la Mauritanie comme en témoignent les alliances et mariages entre les Emirs du Tagant, du Trarza du Brakna et les rois et Almamy du Sénégal et chefferies traditionnelles du Mali.Ces exemples suffisent à eux seuls d'affirmer que la Mauritanie est un enfant métis dont le père est le monde arabe et la mère l'Afrique noire selon les propres termes de Abdoulaye Oiga qui souligne que même la composante Hratine est issue d'un métissage avec les berbères Sanhanza et les négro- africains.

Comment la Mauritanie peut en être autrement.Cette interrogation est légitime à partir du moment qu'après des siècles de cohabitation les relations entre les arabo-berbères et les négro-Africains se soient détériorées au point d'exclure une partie de la population constate l'ancien administrateur mauritanien. Face à cette nouvelle situation critique Abdoulaye Oiga en appelle à la sagesse de tous les mauritaniens pour rétablir cette image d'un pays arabo-négro-berbère et non arabo-africain.La nuance est subtile parce que les pays arabes africains ont presque tous fait disparaître leur composante négro-africaine.L'ancien patron de la Sécurité sociale demande aux hommes politiques surtout aux dirigeants d'assumer cette responsabilité historique pour le mieux vivre ensemble.Le métissage culturel c'est la clé de la cohabitation.Tout le reste n'est que discours.

 

Bakala Kane

 

(Reçu à Kassataya le 18 août  2016)

 

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