Le Parlement est une assemblée (généralement élue) qui assure la représentation du peuple avec principalement deux fonctions :
- faire et défaire les lois, ce qui en fait le détenteur du pouvoir législatif ;
- contrôler l'action du gouvernement du pays.
Il est un organe collégial qui peut avoir plusieurs rôles : un rôle de conseiller pour le pouvoir exécutif, un rôle de législateur, et enfin un rôle de représentant de la nation à l'étranger. Et c'est absolument à ce titre que la Mauritanie aurait dû, tout au début de l'enclenchement de son processus démocratique, se suffire d'une assemblée représentative du peuple et fortement engagée dans la consolidation de l'acquis pour en tirer tous les avantages conséquents étant en cela le «destin de la démocratie» comme l'a si bien écrit Hans Kelsen.
Si le Sénat s'avère, pour les pays aux populations nombreuses dans certains et doublées pour d'autres par des territoires épars et différemment habités, d'une nécessité bénéfique et équilibrante dans le travail législatif et celui de contrôle du Gouvernement, il l'est autrement pour les pays à populations réduites et en mal de développement. Sans doute qu'au-delà de l'aspect de gabegie qu'il incarne en ces derniers pays par ses immenses et inutiles dépenses imputées sur le trésor général au détriment de la construction nationale, il corrobore la lenteur du travail législatif qui doit accompagner en amont et en aval l'action du Gouvernement dans la marche et la gestion des afaires de l'Etat. Mais au-delà de cet aspect pesant sur la course vers la sortie du sous-développement, le Sénat qui est ainsi un luxe indécent, casse obstinément le rythme déjà fort lent de la marche timidement entreprise dans le sillage du concert des nations.
El Wely Sidi Haiba
(Reçu à Kassataya le 14 mai 2016)
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