Mort de Ben Laden : Qui est Seymour Hersh, l’ancien journaliste star qui accuse Obama?

La Maison Blanche a été contrainte de réagir publiquement lundi 11 mai après la parution d'un article selon lequel l'administration Obama aurait menti sur les conditions dans lesquelles Oussama ben Laden a été tué en mai 2011 au Pakistan.

 

Publié dans la London Review of Books, son auteur Seymour Hersh y affirme en particulier que l'administration américaine a collaboré avec les services du renseignement pakistanais et les a payés pour mener à bien ce raid des forces spéciales contre la résidence où se cachait le chef d'Al-Qaïda, près d'Islamabad.

Washington a cependant toujours affirmé qu'Islamabad n'avait été informé qu'après-coup et que cette "opération était américaine de bout en bout". "Il y a trop d'inexactitudes et d'affirmations sans fondement dans cet article pour y répondre point par point", a assuré un porte-parole de l'administration lundi.

L'auteur de ce papier long de 10.000 mots a pourtant fait ses preuves par le passé. Seymour Hersh s'est notamment distingué pour ses révélations sur le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam ou encore le scandale de la prison d'Abou Ghraïb en Irak. Pourquoi le gouvernement et les grands médias américains sont-ils alors vent debout contre sa version des faits?

Théories du complot

Seymour Hersh, 78 ans, a reçu un prix Pulitzer en 1970, pas moins de cinq prix George-Polk entre 1969 et 2004 et a fait trembler nombre de présidents des États-Unis avec ses révélations. Pendant plusieurs décennies, il a affiché une réputation de journaliste d'investigation de premier plan.

"The Killing of Osama bin Laden" (L'assassinat d'Oussama ben Laden), son dernier article en date, est cependant critiqué de toutes parts et semble s'inscrire dans une tendance à dénoncer des théories du complot, apparue à la fin des années 2000.

Comme le rappelle le site Vox dans une longue analyse, la réputation du journaliste a commencé à se ternir pendant le second mandat de George W. Bush quand il a annoncé à plusieurs reprises que les États-Unis allaient frapper l'Iran avec une tête nucléaire ou que l'administration avait envisagé de lancé des attaques sous fausse bannière pour déclencher une guerre.

Des théories impossibles à vérifier car soutenues par des sources toujours anonymes. Mais la crédibilité de Seymour Hersh continuait alors de jouer en sa faveur. Jusqu'en 2011 où il a prononcé un discours dans lequel il estimait que certains responsables militaires étaient des membres de l'Opus Dei en croisade "pour changer les mosquées en cathédrales".

Le New Yorker dubitatif sur ces enquêtes

Toujours employé par le prestigieux New Yorker après ces propos, il n'y a cependant plus publié d'enquête depuis 2012 avec son "Our Men in Iran?". Il assurait que les États-Unis avaient secrètement armé et entraîné sur son sol l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, alors considérée comme groupe terroriste. Une histoire qui, une nouvelle fois, n'a jamais pu être confirmée ou infirmée.

C'est dans la London Review of Books que Seymour Hersh diffuse maintenant ses articles d'investigation. En 2013 il est notamment allé à l'encontre du rapport de l'ONU sur les attaques chimiques en Syrie qui n'accusait pas officiellement Bachar el-Assad mais pointait tout de même du doigt ses armes. Selon le journaliste, l'administration Obama a malgré tout sciemment ignoré des éléments pour pouvoir accuser ouvertement Damas.

"The Killing of Osama bin Laden", à l'instar de ses dernières enquêtes, rassemble des sources de moins en moins nombreuses, souvent anonymes, et de plus en plus éloignées des sphères concernées, jugent les médias américains. L'un des rares informateurs du journaliste à être cité dans l'article de dimanche est par exemple un ancien chef des renseignements pakistanais, à la retraite depuis une vingtaine d'années.

Des conditions d'écriture qui auraient refroidi le New Yorker quand Seymour Hersh a proposé ses papiers sur la Syrie et ben Laden. Selon Politico et Vox, l'hebdomadaire a jugé plusieurs fois que ces écrits ne résisteraient pas à un examen minutieux et en a refusé la publication.

 

 

Source : Le Huffington Post Maghreb-Tunisie

 

 

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