Flam : Thiam Samba fait avaler des couleuvres à un journaliste arabo qui joue au plus fin…

Tous ceux qui ne connaissent Thiam Samba et les Flam que via ce que leur rapporte le milieu arabo-berbère et même certains milieux négro-mauritaniens doivent d’urgence voir cette interview sur Watanya T.V car on se demande vraiment, après l’avoir entendue, comment peut-on diaboliser les Flam ? Qui craint de débattre avec Thiam Samba et qui peut nous sortir une phrase de Thiam Samba depuis son retour d’exil qui soit contre les arabo-berbères à la manière dont Birame traite le sujet ?

J’avoue que je reste perplexe. En 1966, je n’étais pas né. En 1986, j’avais 11 ans et en 1989 quand nous avons changé brusquement de vie pour atterrir en Mauritanie, j’avais 14 ans. J’ai grandi au Sénégal dans une grande école catholique multiculturelle tenue par les Frères Maristes puis toute ma scolarité jusqu’à la terminale au lycée français Théodore Monod à Nouakchott avec des jeunes de toutes les couleurs. Jamais dans ce milieu, il n’a été question de kowri ou hartani ou de tribu ni même dans ma famille où mes parents nous ont fait grandir loin de ces archaïsmes-là. Bilan, je ne connais que 5 ou 6 tribus maures et ce n’est que très récemment à la faveur de l’ennui que je me suis intéressé à ces choses tribales et ethniques jusqu’à l’esclavage en milieu négro-mauritanien.

Aussi les Flam étant en exil, je n’ai entendu que la présumée propagande locale à savoir qu’il s’agirait d’un mouvement raciste qui a voulu faire un coup d’état en Mauritanie pour massacrer les maures et instaurer un pouvoir négro-mauritanien. Ceux qui ont été tués ne l’auraient été que dans le cadre de la loi martiale pour les faiseurs de coup d’Etat ; loi qui, sous Haidallah, fut appliquée à un émir maure et ses frères d’armes sans jamais que le pouvoir, là encore, ne rende les corps aux familles ni même ne dise où ils sont enterrés.

Nous sommes toute une génération à avoir entendu cette version. Ensuite, on finit par se poser des questions grâce aux lectures, aux échanges sur le net et surtout à la politique du pouvoir sous nos yeux qui ne brille pas toujours par son sens de la justice ; j’en veux pour preuve qu’on a refusé de délivrer le visa à mon fils métis de six ans qui vit avec sa mère sous prétexte qu’il est né français en France même s’il a été enrôlé à un mois ici à moins que je ne présente une lettre d’invitation avec en-tête d’une entreprise étrangère pour ensuite autoriser le grand-père français à obtenir en son nom le visa ! De même que tous mes appels à obtenir pour lui, tout Ould Soueid Ahmed qu’il est, la nationalité mauritanienne restent vains car cela sert la propagande que de dire aux négro-mauritaniens : «  voyez même un Ould n’arrive pas à s’enrôler ».

On me fait payer de défendre le droit au débat sur des sujets sensibles car je refuse d’appartenir à la secte de la propagande de chaque camp.

La nomination ministre d’un conseiller limogé pour propos hors la loi à propos des esclaves et mille autres provocations gratuites de cet acabit, prouvent que le pouvoir a besoin d’apaiser de puissants lobbies ; preuve que ceux qui pensent ainsi sont nombreux. Leurs propos sont plus graves que ceux d’un Birame et aucun mot de Thiam Samba ne peut égaler leurs excès.

Voyez cette émission : 59 minutes avec un journaliste qui parle un français où « u » se prononce « i » avec un air de se croire de l’académie française. Thiam Samba l’a remis à sa place plusieurs fois et jusqu’à la fin de l’émission. Thiam Samba demande le débat, pourquoi le craindre ? Pourquoi refuser de débattre avec lui ? Thiam Samba dit que dans le manifeste original du négro-mauritanien opprimé, il n’y a pas un mot contre les arabo-berbères en tant que communauté, juste une demande de justice, statistiques à l’appui ; pourquoi ne pas en débattre avec lui qui dit que c’est le pouvoir qui a fait circuler une version fausse pour terroriser les maures ?

Thiam Samba tient un discours clair, serein et parfaitement défendable ; pourquoi ne pas débattre avec lui ? A propos d’Aziz, Thiam Samba dit qu’il applaudit des deux mains certaines réalisations du président qui a fait ce que nul autre n’a fait avant lui mais qu’il garde le droit de dénoncer les manquements, les injustices pour aller dans le sens du progrès et de l’apaisement.

A propos de l’autonomie : là encore Thiam Samba ne dit pas courir vers l’autonomie mais il dit que cela reste la dernière option quand le débat est impossible pour faire avancer la justice dans le partage du pouvoir jusqu’au droit des noirs interdits d’entrée dans les grandes écoles civiles et militaires de la république au-delà d’un misérable quota. D’ailleurs il rappelle qu’autonomie ne veut pas dire sécession mais au contraire il s’agit juste de décentraliser l’administration pour la mettre aux mains des communautés locales et cela est valable aussi pour les régions maures qui reviendraient aux leurs. Là encore il demande le débat.

Quant à la lutte armée, il rappelle que les Flam ont opté, à l’époque, pour la lutte armée en désespoir de cause car, les mots sont de lui : «  nous ne sommes pas des tapettes ». Aussi si le dialogue n’est plus possible avec un pouvoir exterminateur comme l’était celui de Taya, Thiam Samba assume que son mouvement ait pris les armes. Là le journaliste reconnaît timidement que c’est un acte de résistance surtout qu’à propos de l’ouvrage du gendarme sénégalais qui fit sensation cet été à propos de connivence présumée entre Flam et l’armée sénégalaise, Thiam Samba rappelle qu’il était en « taule » à l’époque et qu’il n’est allé au Sénégal qu’au sortir de Walata en 90. Aussi si l’Etat Sénégalais a eu affaire à des jeunes là-bas, il n’est pas concerné et les Flam non plus.

Lire à ce propos le livre blanc des événements de 1989 dont j’ai pu me procurer une rare copie :
http://chezvlane.blogspot.com/2013/11/300000-morts-mauritaniens-voici-les.html

A propos de la communauté arabo-berbère : l’émission commence par là. Thiam Samba rappelle que d’un point de vue sociologique, l’histoire nous apprend que la communauté maure est une communauté arabo-berbère vu que les berbères étaient là depuis des lustres et ont été dominés par l’invasion des arabes venant du nord et assimilés pour la plupart. Là le journaliste devient vert, avale sa salive et dit que ce n’est pas correct de dire arabo-berbères à des arabes comme si on traitait les peuls de wolofs… Incroyable mais vrai ! Puis plusieurs fois pour bien démontrer que le mot arabo-berbère n’a aucun sens en Mauritanie, le journaliste dit que s’il y avait des berbères en Mauritanie ils pourraient s’exprimer librement comme Thiam Samba président des Flam alors que c’est hors sujet.

En effet Thiam Samba ne parle pas de berbères mais d’arabo-berbères. Il rappelle qu’il connaît des familles qui se revendiquent berbères sans peut-être en faire un projet politique. Thiam Samba a raison, moi-même je connais plusieurs jeunes qui se revendiquent berbères et à la limite arabo-berbères mais certainement pas arabes ! D’ailleurs ils passent leur temps à me raconter la grandeur de la culture berbère comme si j’étais un chinois.

Quant à la langue, là Thiam Samba a battu en retraite face à l’attaque sournoise du journaliste qui voulant faire dire à Thiam Samba que le français devrait être une langue de travail, lui dit qu’il faut bien une langue dans un pays et l’arabe est la langue officielle. D’ailleurs poursuit le journaliste, l’arabe n’a jamais été un problème entre arabes et négro-mauritaniens vu l’islam en partage qui fit une vrai fraternité entre nos marabouts et les serignes.

Là Thiam Samba au lieu de défendre la langue française comme Bouteflika en tant que butin de guerre permettant à tous de se comprendre, il n’en a pas dit un mot en préférant insister sur le fait que soit généralisé l’enseignement des langues nationales poular, wolof, soninké, bambara ( absent de la constitution ». A ce propos Thiam Samba se demande au nom de quoi Gazwouani décrète l’arabisation de l’administration militaire sans concertation aucune car au fond, dit Thiam Samba, le problème ce n’est pas tant l’arabe que la façon de l’imposer comme pour effacer la culture des autres.

 

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Vlane A.O.S.A.

 

Source : Chez Vlane (le  31 août 2014)

 

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