Mauritanie : Ould Aziz pourrait être rattrapé par l’histoire

Les marcheurs rapatriés du Sénégal partis le 25 avril dernier de Boghé seraient bloqués cette fin de semaine aux portes de Nouakchott. Les autorités  du pays auraient décidé une rentrée motorisée pour des raisons de sécurité si l'on en croit au quotidien mauritanien Le Calame qui s'interroge sur un éventuel bras de fer entre les deux parties. Pour les observateurs c’est une atteinte à la liberté d’opinion un recul de la démocratie et une mauvaise réponse à la cohabitation. En court-circuitant cette longue marche des déportés rentrés depuis 2008  Ould Aziz pourrait ainsi être rattrapé par la première bataille des commémorations.

La première bataille des commémorations est entrain de se passer aux portes de Nouakchott où les marcheurs rapatriés du Sénégal partis le 25 avril dernier de Boghé seraient bloqués .Le patron de la sûreté nationale et le gouverneur du district de la capitale auraient décidé une rentrée motorisée pour éviter tout débordement de la foule. C'est le quotidien mauritanien Le Calame qui donne l'information tout en s'interrogeant sur un éventuel bras de fer entre les deux parties. Les observateurs s'indignent de ce coup d'arrêt brusque des marcheurs qui ont bravé 400 kilomètres avant d'en arriver là. Ils ont enduré plus d’une semaine la souffrance de la chaleur et de la soif. Le monde entier regarde la Mauritanie et surtout le président Ould Aziz qui avait promis de faire avancer le règlement du passif humanitaire.

Toute interdiction aux rapatriés de continuer leur marche serait une atteinte à la liberté d'opinion inscrite dans la constitution, un recul de la démocratie et une mauvaise réponse à la cohabitation. Et aux yeux de l'opinion publique une confirmation du pouvoir à tourner définitivement le dos à la réconciliation nationale. Cette marche la plus longue de l'histoire des déportés est un symbole fort de courage et d'abnégation pour corriger enfin une injustice envers près de 200 000 mauritaniens qui se sont retrouvés un jour en avril 89 de l'autre côté du Fleuve Sénégal spoliés de leurs biens. Ce camouflage qui forcerait les marcheurs à rentrer motorisés à Nouakchott  apparaît visiblement comme une stratégie du pouvoir pour ne pas perdre la face devant un mouvement d’une telle ampleur qui dépasse les frontières mauritaniennes et soutenus par les mouvements politiques de la société civile et les partis politiques de l’opposition ou non. Politiquement ce serait un échec du régime qui validerait  la constance du président mauritanien à refuser tout accord qu’il a signé comme en témoignent les accords de Dakar en 2008 sur le dialogue inclusif, les accords de Nouakchott en 2011 sur les élections législatives et municipales et les derniers accords tripartites entre le HCR le Sénégal et la Mauritanie sur le règlement du passif humanitaire en 2012.Ould Aziz devra éviter la confrontation pour ne pas être rattrapé par l’histoire. C’est le premier enseignement de la marche des rapatriés du Sénégal.

 

Bakala Kane

 

(Reçu à Kassataya le 4 mai 2014)

 

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