Les FLAM relancent le débat sur la cohabitation

Le président des Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) a jeté les bases d’un réel changement politique en Mauritanie pour les années à venir lors de sa conférence de presse cette semaine à Nouakchott.

 

La première depuis son retour au bercail en septembre dernier. Samba Thiam a prôné une Mauritanie réconciliée avec elle-même fondée sur les valeurs de la liberté de la fraternité et du respect entre tous les mauritaniens. Il a insisté sur l’avènement d’un Etat de droit qui garantirait l’égalité pour tous et la promotion de toutes les langues nationales et de toutes les cultures. Le porteur du rameau d’olivier est revenu sur l’autonomie du Sud du pays comme une réponse alternative à l’échec répété des différents locataires du palais de Nouakchott à construire un Etat mauritanien qui faciliterait la cohabitation entre les différentes composantes de la population.

Pour sa première sortie médiatique cette semaine à Nouakchott le président des FLAM a enflammé les journalistes présents lors de sa conférence de presse, la première depuis son retour au bercail en septembre dernier en fonçant comme un taureau dans l’arène. Samba Thiam a répondu sans détour aux questions qui fâchent sur les intentions et l'avenir de son mouvement et sur la cohabitation ternie par le régime de Ould Taya qui a d’abord arrêté puis emprisonné les cerveaux du mouvement en 86 dont certains sont morts en prison avant de déporter des milliers de négro-mauritaniens au Sénégal et au Mali, de tuer près d’une centaine de villageois à Sorimalé lors des évènements de 89 et d’ exécuter 28 soldats à Inal en 91.Cette tâche noire dans l’histoire du pays est un reflet d’un Etat raciste dont les contours ont été dénoncés par le Manifeste du négro mauritanien opprimé aujourd’hui d’actualité et qui a valeur de symboles pour les générations futures. Son esprit c’est une autre Mauritanie où tout le monde est égal où tous les citoyens ont les mêmes droits et devoirs les mêmes chances de réussite. Un vieux rêve enfoui dans sa mémoire durant tout son exil et qu'il a envie de repartager maintenant avec les siens et pour les années à venir en jetant les bases d’un réel changement politique en Mauritanie. Il s’agira pour le porteur du rameau d’olivier qui vient de rentrer au bercail de bâtir un Etat de droit qui garantirait la citoyenneté de tous les mauritaniens, la liberté, la fraternité et le respect et « l’égalité de toutes les nationalités et l’égale promotion des langues nationales et cultures » selon ses propres termes. Le leader flamiste constate avec amertume l’échec de l’Etat-nation dont l'origine historiquement est sans aucun doute le congrés d'Aleg en 59 qui annonça la difficile cohabitation entre la communauté maure et négro- mauritanien.Déjà deux courants idéologiques s'étaient affrontés.Le premier dont le chef de fil est le père de l'indépendance Ould Daddah visait à maintenir la prééminence de la communauté maure sur les futures institutions de la République avec l'adoption d'un régime présidentiel.Le second porté par les ressortissants de la vallée du fleuve Sénégal revendiquait la solution fédéraliste.Pas de surprise cette question nationale s'est posée à tous les régimes de Ould Dddah à Ould Aziz. A défaut donc d'un Etat unitaire, le chef historique des FLAM est favorable à l'autonomie du Sud comme une réponse alternative aux dérives autoritaires de l'Etat central qui n'arrive toujours pas à faciliter la cohabitation entre les différentes composantes de la population. Une question qui se pose avec acuité avec la résurgence de l'esclavage dont l'IRA de Ould Abeid est le plus opposant farouche et en passe de devenir un leader incontestable et incontournable dans la résolution de la réconciliation nationale. Pour cette première apparition médiatique Samba Thiam jette un pavé dans la mare de la classe politique et défie les nationalistes étroits arabisants dont le seul souci est de garder le statu quo c'est à dire une Mauritanie monocolore.C'est cette difficile cohabitation que les leaders politiques de la majorité et certains de l'oppostion s'évertuent à nier ou à gommer dans leur programme.Cette vision est de nature à contribuer à aggraver la confrontation entre les nationalités en Mauritanie.Pourvu que les FLAM apportent du sang neuf à cette question que même les leaders aujourd'hui de l'opposition comme l'UFP de Ould Maouloud, le RFD de Ould Daddah ou Tawassoul de Ould Mansour appellent question culturelle.Un examen de conscience s'impose à tous pour faire face à tous les extrémismes d'où qu'ils viennent qui mineraient l'unité natinale et la cohésion sociale.

Bakala Kane{jcomments on}

(Reçu à Kassataya le 02/10/2013)

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