La Mauritanie souhaite une réforme de l’ONU

(Le ministre mauritanien des Affaires étrangères Hamadi Ould Hamadi demande aux Nations unies d'ajouter des sièges permanents pour l'Afrique et le monde arabe au sein du Conseil de sécurité. Crédit photo : Farouk Batiche / AFP)

L’Afrique et le monde arabe méritent de disposer d’une représentation permanente au Conseil de sécurité des Nations unies, selon le ministre mauritanien des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie mauritanienne Hamadi Ould Hamadi a profité de son discours prononcé le samedi 29 septembre devant l’assemblée générale des Nations unies pour réitérer le soutien de son pays à une réforme de l’instance mondiale.

Ould Hamadi a fait part du « désir ardent de la Mauritanie de voir le continent africain disposer d’un siège permanent au Conseil de sécurité, dans la mesure où il est le seul continent à ne bénéficier d’aucune représentation permanente au sein de cette instance chargée de la paix et de la sécurité dans le monde ». Il a ajouté que l’Afrique abritait un milliard d’individus et accueillait plus des deux tiers de toutes les opérations de maintien de la paix mises en place dans le monde.

Il a également fait mention d’une litanie de problèmes auxquels sont confrontés les pays en développement, des « taux de chômage endémiques, notamment parmi les jeunes » à la baisse des recettes du tourisme et au ralentissement de l’économie mondiale.

Le ministre a également souhaité « un siège permanent pour le monde arabe, du fait de son poids démographique dans l’ensemble de la population mondiale, et de son potentiel économique ».

Selon les observateurs, le point de vue de la Mauritanie doit son importance à la lutte engagée par le pays depuis des années contre le terrorisme au Sahel, un problème qui se propage aujourd’hui aux états voisins.

Mohamed Ould Dah, analyste spécialisé dans les affaires de politique intérieure africaine, a expliqué que « l’appel du ministre mauritanien des Affaires étrangères n’était pas le premier de ce genre, ni le seul ; il reflète une position collective de la plupart des pays africains qui ont demandé à maintes reprises que l’Afrique dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité que certains grands pays sur d’autres continents ont toujours contrôlé, leur conférant un droit de veto au sein de l’une des instances internationales les plus importantes, alors que d’autres pays n’ont pas le droit de déterminer leur propre destin. »

Des commentaires similaires ont été faits par le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci lors de son intervention devant l’assemblée générale des Nations unies.

« Les méthodes de travail du Conseil de sécurité doivent être revues pour assurer la démocratisation, et le nombre de ses membres doit être étendu pour inclure de nouveaux membres permanents et non permanents issus du monde en développement, en particulier d’Afrique, le berceau de la civilisation », a déclaré Medelci samedi.

Mohamed Ould Baraa, spécialiste des relations internationales, a expliqué à Magharebia que cet appel en faveur d’une plus forte représentation au sein des Nations unies était à tout le moins importante, parce que « la région connaît des développements politiques et économiques et une croissance démographique, et qu’en conséquence, l’absence de l’Afrique dans cette importante instance internationale n’apparaît pas logique au vu de cette évolution. »

« Je le considère comme un appel légitime, et des pressions vigoureuses doivent être exercées afin de garantir que l’Afrique et le monde arabe bénéficient de ce droit », a-t-il ajouté.

Pour Mohamed Ould al-Aqel, journaliste à Sahara Media, la réalité d’aujourd’hui a engendré d’autres états forts, différents de ceux qui existaient lors de la création des Nations unies après la seconde Guerre mondiale.

« De ce fait, le monde doit comprendre l’appel du chef de la diplomatie mauritanienne, qui n’est pas un appel individuel, mais le reflet du désir de nombreux Etats », a-t-il ajouté.

« J’estime que le monopole sur le droit de veto dont disposent certains états est néfaste pour l’équilibre du monde et pour les situations humanitaires dans certains cas », a-t-il conclu. « La meilleure preuve en est la position de la Chine et de la Russie, qui disposent d’un droit de veto, leur soutien au régime syrien et leur rejet de toute résolution visant à mettre un terme au génocide que perpétue le régime libyen envers son propre peuple. S’il existait une sorte d’équilibre de représentation, la victoire reviendrait toujours aux causes justes soucieuses des droits de l’Homme. »

Jemal Oumar

Source  :  Magharebia le 03/10/2012{jcomments on}

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