La scène politique post- électorale a donné lieu à une configuration tricéphale : le camp de la majorité, celui de la COD et celui de la CAP.
Les acteurs qui dirigent ces différents conglomérats politiques, au lieu de proposer des alternatives claires pour donner une orientation à l’avenir de la démocratie mauritanienne se sont contentés de verser dans l’immobilisme ambiant sans fournir des stratégies novatrices à la hauteur des attentes du peuple.Comme si n’ayant pas pu prouver qu’ils sont politiquement bien armés et capables de définir des schémas rigoureux qui supplanteront les archétypes hérités de la période d’exception, les leaders de ces pôles ont opté pour la petite politique faite de diversion et de calomnie. Dans l’histoire d’une démocratie qui vient de loin, et qui cherche à se frayer un chemin, les crises politiques font partie des expériences édifiantes pour les hommes qui se font une superbe idée du renouvellement de la classe politique. Mais à condition qu’ils tirent des leçons de leurs échecs. C’est pourquoi les malentendus et autres tensions qui surviennent au cours de ce processus sont dans leur état, l’expression d’une volonté de résistance au monopole de fait que veulent s’arroger ceux qui ont les commandes de l’appareil d’Etat. Naturellement, tout pouvoir qui vient tente de s’imposer et de réduire ses adversaires à néant, à défaut de les plier à sa guise. Dans ce cadre les compromis restent possibles mais fragiles en raison des exigences du respect des conventions fixées dans un accord établi entre ceux qui décident de sceller une union sacrée. Nous avons vécu ces scénarios quand brusquement après l es élections s’est installée une crise entre les blocs qui s’opposaient au pouvoir du Président Aziz et ceux qui le soutenaient. Ainsi commença la plus grande croisade politique dirigée contre le système précaire mis en place au lendemain du coup d’Etat contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C’est ce même dispositif renforcé qui prendra la relève à la suite de la victoire électorale remportée par l’homme fort du pays. Le front hostile à la violation des accords de Dakar s’organise pour passer à l’offensive supérieure. Le front formé autour du FNDD s’élargit pour donner naissance à la COD. Chemin faisant des chevaux se rétractent de la course pour se rapprocher du camp dominant. Désormais on passe de deux à trois belligérants. La bataille se nourrit de slogans hostiles pour s’arrêter de temps en temps au gré des situations. Le summum de cette confrontation sera atteint quand les leaders de la COD mettent en veilleuse toute autre solution de crise en s’obstinant à faire du départ de Aziz une priorité. La menace sera prise au sérieux par le grand matou qui engagea ses troupes sur le front du combat. Au même moment il se rabat sur la CAP pour faire échec au rideau de fer dressé par une COD offensive. Messaoud joua au médiateur pour désamorcer cette bombe qui couvait et dont la déflagration s’révérerait fatale. L’idée d’un gouvernement d’union nationale prôné par le charismatique chef de file de APP , ne dépassa pas le stade du vœu pieux. Ni le départ de Aziz , ni une quelconque alternative politique plus jouable entre les différents camps ne viennent changer le statu quo qui ne fait que durer. Alors que la guerre de « trois » tant redoutée s’éloigne de plus en plus fort heureusement, Mais ….
Cheikh Tidiane Dia
Source : Le Rénovateur le 20/09/2012
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