Ce serait presque une vérité de La Palice que de dire que le président Mohamed Ould Abdel Aziz est aujourd’hui » entre deux « : Une opposition qui ne le ménage pas et une majorité qui triche !
Et bien oui, c’est le paradoxe d’une situation que le pouvoir n’arrive pas à appréhender pour trouver une issue négociée à la crise politique actuelle. Même si le président Aziz s’est prononcé sur » l’Etat de la Nation « , depuis la visite d’Atar où il a réédité le » Direct avec le peuple « , personne ne comprend le pourquoi d’une léthargie quasi permanente de la Majorité censée soutenir le programme du président. Aujourd’hui, majorité et opposition doivent comprendre une chose : la Mauritanie passe avant tout. Personne ne pourra se sauver seul si l’option du chaos est privilégiée. Les exemples de ces » catastrophes « politiques ne manquent pas. En Libye, où la disparition du » Guide » n’a pas arrangé les problèmes, en Egypte, où l’armée a voulu continuer à » encadrer » le nouveau pouvoir, avec un maréchal Tantaoui finalement mis à la retraite, et en Syrie, où la solution n’est pas encore pour demain.C’est pour dire que le président Aziz doit comprendre que c’est à lui d’entrevoir les possibilités de sortie de crise puisque, à tort ou à raison, tout est ramené à sa personne. Dans un camp comme dans l’autre, l’intérêt particulariste ne doit pas primer sur l’intérêt général. Il faut sauver le pays de la déchéance – de la décadence – qu’entraîne, inéluctablement, le pourrissement d’une situation qui dure depuis août 2008. Car, qu’on le veuille ou non, la crise présente est la conséquence directe des errements de nos politiques qui n’ont pas su bien gérer l’après coup d’Etat contre le président Taya. Ils ont tous triché, croyant avoir mis toutes les chances de leur côté pour s’emparer du pouvoir.
Un jeu de dupes qui, finalement, s’est retourné contre tout le monde et promet de durer encore longtemps si la raison ne ramène pas les différents protagonistes de la crise politique à s’assoir autour de la même table pour trouver une solution consensuelle. Une sorte de compromis et non de compromission, comme cela a toujours été le cas jusqu’à présent.
Et là, il faut peut-être que l’idée maintes fois réitérée par le président à propos du renouvellement de la classe politique, soit revisitée. Même en politique, il doit y avoir un droit à la retraite, un changement d’âge qui donne une certaine conformité des idées avec le temps.
Les générations postindépendance ne doivent-elles pas, pour cela, passer le témoin à celles nouvelles qui aspirent à un véritable changement ? C’est une voie à explorer, de manière raisonnable, pour que cette « transition » politique passe sans heurts et pour que les mauritaniens comprennent que la démocratie, au sens occidental du terme, n’est pas forcément antinomique des adaptations qu’eux-mêmes peuvent lui apporter. Sans cela, on risque de toujours tourner en rond.
Sneiba
Source : L’Authentique le 16/09/2012
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source : www.kassataya.com