Les plaidoyers en faveur d’une intervention au Mali se multiplient

(Le ministre nigérien de la Justice, Marou Amadou, affirme que la crise malienne ne peut être résolue en mettant de côté l’Algérie et la Mauritanie. Crédit photo :Sia Kambou / AFP)

Les pressions régionales s’intensifient sur l’Algérie et la Mauritanie, avec pour objectif que les deux pays s’impliquent plus lourdement dans la situation au Mali.

L’Algérie et la Mauritanie doivent s’impliquer plus activement dans la résolution de la crise au Mali, a déclaré Marou Amadou, Ministre nigérien de la Justice, lors d’une récente conférence à Dakar.

« La crise malienne ne peut être résolue en mettant de côté l’Algérie et la Mauritanie sous prétexte que leur position n’est pas claire », a expliqué Amadou lors d’un séminaire organisé par l’OSIWA (Open Society Initiative for West Africa) le 23 août dernier.

« Il est essentiel de croire que la position de l’Algérie et la contribution de la Mauritanie sont absolument nécessaires, et avec celles de la CEDEAO, pour la résolution de la crise malienne et le retour de la stabilité dans la sous-région », a-t-il ajouté.

Le Garde des Sceaux du Niger a par ailleurs affirmé que le Mali « peut sortir de cette crise dans la mesure où vient d’être institué un gouvernement d’union nationale et que sera bientôt installé un Haut conseil d’État dont l’un des vice-présidents aura la charge de réformer l’armée. »

« Et le système sécuritaire malien pourra l’apprêter avec l’aide de la CEDEAO sous un mandat des Nations unies », a-t-il poursuivi. « Nous considérons que l’intégrité territoriale du Mali n’est pas discutable, que la séparation de l’État et de la religion non plus. Au-delà de ces questions, tout le reste est discutable pour que les gens puissent vivre harmonieusement. « 

Selon le politologue Daha Ould Sidi Ali, l’Algérie continue de s’opposer « à toute intervention militaire au Mali, préconisant plutôt une solution politique négociée. »

Le Mali pourrait devenir le  » Waziristan du Sahel », indique Modibo Goita, enseignant à l’École de Maintien de la Paix de Bamako. « Seules des mesures conjointes prises activement par les états de la région pourront empêcher cela », a déclaré Goita à El Watan le 29 août.

« La solution à la crise incombe à l’Algérie », a-t-il ajouté.

« Il faut noter que le MNLA, qui semble avoir le contrôle sur le terrain, et Ansar al-Din ont exprimé une préférence en faveur de la Mauritanie et du président du Burkina Faso comme médiateurs. Mais il faut accepter que toute solution négociée durable doit impliquer l’Algérie, qui en vertu de sa position et de son importance est encore essentielle à la réussite des efforts visant à trouver une solution durable, comme cela a été reconnu par le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso Djibril Bassole, » a-t-il expliqué.

« Et ce sera donc le travail du nouveau chef de l’état de donner davantage de garanties à l’Algérie », a souligné Goita.

Pour sa part, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, insiste sur le fait que la solution « est entre les mains des maliens ».

Ils « peuvent trouver dans les pays du champs et de l’UA (Union africaine) l’aide nécessaire en cas de besoin », selon Medelci. Le chef de la diplomatie algérienne a en outre souligné que « la solution militaire aujourd’hui n’est pas la bonne », appelant de ses vœux « la solution politique et le dialogue ».

Le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a, pour sa part, déclaré au mois de juillet que l’avenir du Mali et celui de son pays sont « entremêlés ».

« Avec l’implantation des groupes terroristes dans le septentrion malien, depuis une décennie, la Mauritanie a eu à subir de tragiques atteintes à sa sécurité et à sa souveraineté », a-t-il constaté.

Bakari Gueye

Source : Magharebia le 02/09/2012

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