Poussée des islamistes : Et si Jemil Mansour avait raison ?

Dans une interview publiée dans le magazine panafricain «Matalana», à la veille du sommet de l’Organisation de la conférence islamique(OCI), qui s’est déroulé du 7 au 14 mars 2008 à Dakar, Mohamed Jemil Ould Mansour, le président du Tawassoul, avait laissé entendre qu’un parti islamiste serait une «alternative»

dans un monde où les hommes politiques ne font que mentir aux populations, puisque les hommes et les femmes politiques ne respectent pas du tout les fondements moraux de la vie politique.
Pour ainsi dire que les islamistes ne sont pas venus dans l’arène politique pour reproduire les erreurs commises par les anciens régimes. En fait, Ould Mansour a justifié bec et ongles la création de sa formation politique comme pour donner un sens «positif» à la politique en ces termes : «Nous sommes un parti politique avec un référentiel islamique. Vous savez dans ce monde, il y a beaucoup de partis politiques. On parle des partis politiques libéraux, socialistes, du centre…Certainement, nous sommes une nouvelle catégorie de formations politiques, qui ont un référentiel islamique comme le PJD (Parti pour la Justice et le Développement) du Maroc. Des partis islamistes qui essayent de présenter un programme prenant en compte des préoccupations des citoyens d’une façon moderne et ouverte». Ces propos tenus par le chef de file des islamistes modérés en 2008 s’avèrent vrais aujourd’hui au royaume chérifien. Les islamistes marocains du PJD se sont ouverts aux jeunes pour avoir leurs suffrages lors des élections législatives du 25 novembre passé en les remportant avec 107 sièges sur 395. Une formation politique qui ne comptait que 47 parlementaires dans la précédente assemblée marocaine. Idem pour les islamistes tunisiens d’Ennahda qui ont également surfé sur la vague de contestation de leurs compatriotes pour prendre le pouvoir en Tunisie. Comme une prophétie, il n’y a pas très longtemps Ladji Traoré, le secrétaire exécutif de l’APP disait que le monde doit apprendre à compter sur les partis islamistes, car, disait-il, ces formations politiques sont présentement les mieux organisées et n’ont jamais été au pouvoir. Mais il faut dire aussi que ces partis soient également très proches des populations les plus défavorisées. La preuve, le mois de Ramadan dernier, les leaders de Tawassoul avaient fait plusieurs distributions gratuites de repas de jeun aux populations démunies. Mais bon nombre des concitoyens ne croient pas à ce que les islamistes mauritaniens puissent accéder au pouvoir du moins dans un bref délai. Toutefois, comme le signifiait Jemil, il y a quelques années, Ennahda et le PJD ont constitué des alternatives en Tunisie et au Maroc. Tawassoul en fera-t-il autant en Mauritanie. It’s the question.

Camara Mamady

Source  :  Le Rénovateur le 19/12/2011

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