Dialogue politique : L’APP veut-elle gâcher la fête de l’UPR ?

Dans son discours inaugural du dialogue politique, le président de l’UPR, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine n’avait pas manqué de prévenir les hommes politiques de l’opposition participante que «dialoguer ne veut pas dire partager le pouvoir».

Un message dont les délégués de l’APP semblent faire fi en demandant au pouvoir de «déloger» au sein de l’administration publique des cadres «incompétents» au profit de ceux qui en ont l’aptitude requise pour des postes techniques.Une demande qui continue à faire des vagues au sein de la majorité présidentielle.

L’APP veut aller plus en demandant l’audite de la gestion étatique d’Ould Abdel Aziz, le Commandant en Chef de la lutte contre la gabegie. Décidément, les délégués de l’APP (Alliance Populaire Progressiste) ne veulent pas du tout rester bivouaquer sur la voie tracée par le document servant de référence pour les discussions pendant ce présent dialogue politique national entamé le 17 septembre dernier au Centre international des conférences sous l’égide du président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz. Et pourtant, les travaux de ce forum politique ont été ouverts après la signature solennelle dudit document servant de référence par le représentant des quatre (4) formations de l’Opposition participative Boydiel Ould Houmeid et par Ahmed Ould Bahiya de la Majorité présidentielle. Autant ainsi dire que les contours de ces négociations politiques étaient, dès le départ, clairs, précis et concis non seulement pour les délégués des partis de la Majorité présidentielle, mais aussi et surtout pour ceux de l’Opposition participante. Mais dès l’entame des travaux en plénière, il y a de l’électricité dans l’air au Palais des congrès. Car tout porte à croire que les délégués de la formation politique du président de l’Assemblée nationale cherchent à rendre difficile voire impossible les pourparlers avec leurs homologues du parti du président de la République. La preuve, ils veulent désormais apporter plusieurs rectifications à la gestion étatique de l’initiateur du «Mouvement de la Rectification», entre autres, déloger les cadres «incompétents» incorporés dans l’administration publique après le coup de force du 06 août 2008, faire des audits des deux années d’exercice du pouvoir du Commandant en Chef de la lutte contre la gabegie et des prévaricateurs de l’administration mauritanienne ainsi que l’annulation pure et simple sur les tablettes du code électoral la «proportionnelle» lors des élections communales. Comme en attestent les propos du responsable de communication de l’APP, Ethmane Ould Bidiel : «Il y a des divergences de vue entre les délégués de l’UPR et nous de l’APP au sein de la commission de bonne gouvernance et neutralité de l’administration». Et de donner les raisons de ces différentes divergences : «Nous avons constaté comme la plupart de nos compatriotes mauritaniens que bon nombre des fonctionnaires, qui ont été insérés dans notre administration publique après le coup d’Etat du 6 août 2008, n’étaient que des soutiens politiques du Général putschiste et ne sont pas du tout des cadres compétents pour les fonctions auxquelles ils ont été promus. Pour ce faire, nous demandons à ce que ces hommes et ces femmes soient délogés de l’administration mauritanienne pour y être remplacés par des gens compétents. Mais les délégués de l’UPR ne l’entendent pas de cette oreille-là. Mieux, nous leur avons demandé de faire dorénavant le distinguo entre les postes politiques et techniques. Quand il s’agit des postes politiques, le pouvoir est libre de placer qui il veut, à la place où il veut, cela est un problème de confiance, mais le président ne doit placer aux postes techniques que des personnes adéquates pour ne pas léser les intérêts de notre pays. Et nous savons pertinemment que les compétences existent aussi bien dans les partis de la Majorité et ceux de l’Opposition. Et nous savons également que les cadres de l’Opposition, qui n’avaient pas soutenu le dernier coup de force, ont été rejetés de l’administration publique pour motif, dit-on, de leur position politique. Cela est vraiment inacceptable dans un Etat de droit et démocratique. Et on ne voit cela qu’en Mauritanie». A en au chargé de la communication de l’APP, c’est le mot audit qui ferait trop peur aux délégués du parti présidentiel. « Nous ne savons pourquoi ont-ils si peur d’entendre le mot audit de la gestion du président qui lutte contre la corruption et les voleurs des biens publics ? Si tel est vraiment le cas, je pense qu’ils devraient se réjouir, car le président de la République a toujours laissé entendre qu’il n’a que ce cheval de bataille pour lutter contre la gabegie, les voleurs des biens de l’Etat, les prévaricateurs de la République …» Les délégués de la Majorité ont été, certes, pris de panique, mais les mandateurs d l’APP n’ont pas manqué de leur rassurer que les audits ne visent pas seulement la personne de Mohamed Ould Abdel Aziz, mais tous les agents de l’Etat y compris les présidents des deux chambres du Parlement mauritanien. Ce qui pourrait permettre les uns et les autres de faire l’autocritique de sa gestion de la chose publique».

Une proposition qui entraîne des sons discordants

En effet, l’APP a également fait une proposition d’annulation pure et simple de la «proportionnelle» lors des élections communales. Une proposition d’annulation qui continue encore à faire des vagues dans les deux parties prenantes de ce forum. Aux dires délégués de l’APP, la proportionnelle irait à l’encontre des plébiscites des citoyens votant, car se défendent-ils, la population vote pour la tête de liste qui ne gérera pas finalement la commune en appliquant la proportionnelle. C’est pourquoi, ils ont trouvé que ce n’est pas bon et ont alors fait une telle proposition. Pis, ils disent que la proportionnelle aurait installé une sorte d’anarchies dans la démocratie mauritanienne, car les élus locaux, recueillant plus de voix, ne dirigent pas les communes. Et de nombreux partis sont appelés à cogérer une même commune. Ce qui ne favorise pas évidemment le développement de la commune. Pour cause, les mandateurs de l’APP demandent à revoir et à corriger cet état de fait. Ce qui n’est pas l’avis des politiques d’El WIAM et de SAWAB, qui sont pourtant de l’opposition participante. Et si l’on en croit notre interlocuteur, l’APP serait soutenu par certains partis de la Majorité notamment l’AJD/MR de Sarr Ibrahima Moctar et le MPR de Kane Hamidou Baba. Comme quoi l’APP attend tout mettre en œuvre pour créer la dissonance au sein des partis de la Majorité présidentielle, ce qui est une maligne manière de gâcher la fête de l’UPR donc des taches d’huile sur l’image du président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz.

Camara Mamady

Source  :  Le Rénovateur le 24/09/2011

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