L’Union africaine n’est pas prête à reconnaître le Conseil national de transition (CNT), l’organe politique de la rébellion libyenne, a déclaré jeudi 1er septembre à Paris le président de la commission de l’UA Jean Ping, à l’issue de la conférence sur l’avenir de la Libye.
A la question « êtes-vous prêts à reconnaître le CNT, M. Ping a répondu : « » » »Non. Les choses ne se passent pas comme ça ». « Le CNT nous a donné des assurances sur (le bon traitement des) travailleurs africains en Libye. Nous attendons », a-t-il ajouté, précisant que l’UA attendait toujours « la fin des hostilités ».
« L’Union africaine se félicite des engagements pris par le CNT devant la conférence de Paris », notamment sur la protection des travailleurs africains, a ensuite dit à l’AFP le porte-parole de l’UA, Noureddine Mezni. « Nous voulons des assurances et ce qui a été dit est encourageant », a-t-il souligné.
A l’issue d’un mini-sommet à Addis Abeba vendredi, l’UA, emmenée par l’Afrique du Sud, avait refusé de reconnaître la légitimité du Conseil national de transition en Libye, jugeant la situation militaire encore trop instable, et réitérant à la place ses appels au dialogue, pourtant restés sans réponse depuis le début du conflit mi-février.
L’UA se retrouve en porte-à-faux avec une partie de ses 54 membres, car au moins une dizaine de pays africains ont reconnu le CNT, parmi lesquels l’Ethiopie, le Burkina Faso, le Tchad, le Nigeria, le Sénégal, la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Rwanda. Le Mali, le Gabon, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan étaient représentés à la conférence de Paris.
Une soixantaine de pays et d’organisations ont prôné le 1er septembre le dégel rapide des dizaines de milliards de dollars d’avoirs libyens bloqués dans le monde et demandé dans le même temps aux nouvelles autorités de Tripoli d’œuvrer à la réconciliation et au « pardon ».
Quarante-deux ans jour pour jour après l’arrivée au pouvoir du colonel Mouammar Kadhafi, qui a appelé jeudi ses partisans à poursuivre le combat, la conférence internationale « pour le soutien à la Libye nouvelle » a décidé en outre de maintenir la pression militaire jusqu’à ce que toute menace ait disparu.
Fer de lance de l’opération qui a permis de mettre fin à son régime, la France et la Grande-Bretagne étaient à l’origine de cette conférence convoquée pour rallier le soutien de la communauté internationale au CNT.
Source : Tahalil Hebdo le 01/09/2011
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