Face aux menaces qui pèsent contre l’intégrité territoriales du pays, les forces armées nationales tentent de renforcer leurs capacités de frappe aérienne par l’entraînement des pilotes avant l’acquisition d’avions modernes. Il s’agit du Tucano, avion brésilien spécialement conçu pour les attaques au sol.
Les autorités politiques semblent bien avoir conscience de la guérilla que cherche à leur imposer l’organisation terroriste de Al Qaeda. Les dernières attaques perpétrées successivement à Wagadou (Mali) et à Bassiknou (Est de la Mauritanie), laissent entrevoir une mobilisation sans répit des forces armées. Cette mobilisation devrait en coûter à l’Etat. C’est le prix à payer pour préserver la stabilité du pays. Mais les autorités politiques pourraient quand même compter sur la coopération internationale et notamment de la France, engagée à leur côté, pour parer à cette enveloppe salée pour prémunir le pays des attaques surprises et meurtrières de Aqmi.
Capacités opérationnelles à la mesure de la menace
La lutte contre le terrorisme se dessine comme une option stratégique pour les autorités politiques actuelles. Avec le Corridor de sécurité imposé au nord du pays, décembre 2008, l’occupation de l’espace par la mise en place de la 54ème moughataa de Dhar, début 2009, et le renforcement du potentiel de l’armée en équipements modernes ainsi que l’amélioration des conditions matérielles des hommes en treillis constituent, sans nul doute, des efforts consentis dans le but d’améliorer les capacités opérationnelles de l’Armée, longtemps négligée ces dernières années. Une telle attention contribue à remonter le moral des troupes, bien décidées à ne laisser aucune chance aux assaillants contre l’intégrité territoriale du pays et notamment l’organisation terroriste de Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui écumait à la lisière de notre frontière, entretenant un important réseau de trafic d’armes, de drogue et de rapt de ressortissants occidentaux. Mais la menace devient de plus en plus sérieuse avec de soupçons réels d’acquisition par Aqmi, à la faveur de l’instabilité en Libye, d’un armement sophistiqué de défense sol-air.
L’AT 27 fait des émules
La France et l’Espagne offrent la formation de nos pilotes. C’est dans ce cadre d’une lutte âpre contre le terrorisme, par le biais du renforcement des capacités militaires matérielles à terre, mais aussi par l’efficacité du service d’intelligence que l’Armée nationale continue la formation des pilotes pour tirer profit de l’avantage des frappes aériennes contre l’ennemi. C’est ainsi que plusieurs pilotes dont certains poursuivent encore leur perfectionnement à l’usage de l’Embraer EMB-312F Tucano, de fabrication brésilienne, sont à pied d’oeuvre. Certains pilotes mauritaniens ont pu profiter de stages de formations auprès des forces armées aériennes françaises à Mérignac (Marseille), l’année dernière; d’autres ont pu rallier l’Académie générale de l’Air de San Javier de Murcia (Espagne) pour le même objectif. La formation dispensée par les instructeurs français et espagnols a été faite au pilotage des avions AT-27, dans sa version améliorée conçue pour une plus grande capacité d’attaque au sol. Ces mêmes avions sont aujourd’hui utilices par les forces armées colombiennes contre l’insurrection et les narco-trafiquants. L’AT-27 a été vendu pour l’ Argentine : à l’Égypte; au Honduras; à l’Iran : au Paraguay : au Venezuela : à la Colombie et même à l’Angleterre.
En Mauritanie, de tels avions dont l’efficacité est à l’origine des commandes croissantes, 600 aujourd’hui à travers le monde, restent destinés à l’appui aérien des forces armées stationnées à la frontière malienne d’où partent les incursions ennemies. Les AT-27, des turbopropulseurs d’une puissance unitaire de 750 chevaux, devraient en toute logique remplacer les vieux aéronefs de combats de l’armée nationale déjà cloués au sol. Les AT-27 d’une vitesse maximale de 448km/h peuvent aussi servir d’avions d’entraînement. Ils sont armés de 4 pylônes sous les ailes pouvant emporter des mitrailleuses de 12,7mm, fusées et bombes.
L’acquisition de tels avions par nos forces armées nationales, ne pourrait que servir à renverser l’avantage des attaques surprises de l’ennemi.
JD
Source: Le quotidien de Nouakchott