Le Mali préconise une solution africaine à la crise libyenne

Le Mali préconise « une solution africaine à la crise libyenne », a déclaré samedi (19 mars) à l’AFP un responsable gouvernemental malien avant la tenue à Nouakchott d’une réunion d’un comité de l’Union africaine

 

 

(UA) chargé d’étudier des propositions pour mettre fin au conflit en Libye.

« Nous sommes pour une solution africaine à la crise libyenne. C’est aussi le point de vue de nombreux pays africains », a affirmé ce responsable sous couvert d’anonymat.

Il a précisé que Jean Ping, président de la Commission de l’UA était venu vendredi à Bamako, « en prélude à la rencontre de Nouakchott ». « Il partage notre analyse sur la question », a-t-il affirmé.

Le président malien Amadou Toumani Touré, qui fait partie du comité de l’UA (composé de cinq chefs d’Etat) sur la Libye, participera à la réunion de Nouakchott qui doit débuter samedi en fin d’après-midi, vers 18H00 GMT, selon une source officielle mauritanienne.

Outre M. Toumani Touré, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso participeront à la rencontre, selon cette source.

Elle a précisé que les deux autres membres du comité, le Sud-africain Jacob Zuma et l’Ougandais Yoweri Museveni, seraient représentés.

La rencontre de Nouakchott se tiendra après un sommet international à Paris sur la Libye devant réunir plusieurs dirigeants américains, européens, arabes et africains, ainsi que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

L’Afrique du Sud a estimé samedi que la zone d’exclusion aérienne en Libye prévue dans la résolution votée jeudi par le Conseil de sécurité de l’ONU, permettrait de « protéger les civils sans défense et sauver des vies ».
Le président français Nicolas Sarkozy a réuni samedi à Paris plusieurs dirigeants occidentaux et arabes pour tenter d’afficher un front uni face à Mouammar Kadhafi et mettre la dernière main à la préparation de raids aériens contre ses troupes.

Une session de travail avait réuni au préalable le chef d’Etat français, le chef du gouvernement britannique David Cameron, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, selon des sources proches du dossier. Ces responsables devaient évoquer la formation en cours d’une coalition militaire pour une ouverture du feu qui pourrait intervenir dès la fin du sommet alors qu’aucune cessation des hostilités n’est intervenue depuis l’accord jeudi de l’ONU à un recours à la force pour protéger les civils libyens, selon des journalistes sur place.

Le régime de Kadhafi dément cette assertion en assurant s’être mis en conformité avec la résolution de l’ONU demandant l’arrêt des violences. Le dirigeant libyen, dont la majeure partie de la communauté internationale réclame le départ, n’a pas semblé prêt à faire de gestes supplémentaires.

« Si vous intervenez dans notre pays, vous le regretterez », a dit un porte-parole du régime, citant le numéro un libyen. Le président américain Barack Obama a averti solennellement vendredi soir Kadhafi de représailles militaires si la violence ne cessait pas immédiatement et si ses troupes ne se retiraient pas de plusieurs villes.

Paris, Londres et Washington devaient notamment se mettre d’accord sur l’attribution du commandement des opérations, à un général français, britannique ou américain, selon les mêmes sources. La localisation du quartier-général devrait découler du choix retenu. Autre débat entre les trois pays en tête de l’offensive diplomatique contre Kadhafi et au menu du sommet qui a suivi: le rôle de l’OTAN.

La France refuse catégoriquement que l’Alliance atlantique intervienne dans les raids immédiats et urgents qui suivraient la tenue du sommet.

 Plusieurs pays européens ayant fait part de leur disponibilité à participer à des missions militaires communes sous condition qu’elles soient sous le chapeau de l’Alliance, il est possible que l’Organisation soit sollicitée pour des opérations prévues par la résolution de l’ONU mais qui nécessitent du temps et de gros moyens pour être mises en oeuvre.

Il s’agit notamment d’une zone d’exclusion aérienne et du contrôle de l’embargo sur les armes. Le sommet devait durer deux heures et s’achever par la lecture d’une déclaration par Nicolas Sarkozy. Plusieurs autres dirigeants ont également prévu de s’exprimer.

Il réunit les ministres des Affaires étrangères du Qatar, des Emirats arabes unis, du Maroc et de la Jordanie, selon la liste des participants. Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari sera également présent, en sa qualité de président en exercice de la Ligue arabe. Le secrétaire général de cette organisation Amr Moussa est également annoncé.

Côté européen, outre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, sont également présents les chefs de gouvernement de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de Pologne, du Danemark, des Pays-Bas, de Belgique, de Grèce et de Norvège. L’Union européenne est représentée par la chef de la diplomatie Catherine Ashton et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

 Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon assiste aussi au sommet. Le secrétaire général de l’OTAN, le Danois Anders Fogh Rasmussen, ne figure pas sur la liste des invités.

Source  :  AFP via Tahalil Hebdo le 19/03/2011

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