Lutte contre AQMI : Bouteflika veut utiliser Bahanga

Dans sa parution du lundi 18 octobre 2010, dans un article intitulé «Les ex-rebelles touareg se préparent à pourchasser les terroristes», le journal algérien Al Watan, souligne que «face à l’inertie de Bamako vis-à-vis de l’activité terroriste, les anciens rebelles touareg du nord du Mali ont décidé de s’organiser pour pacifier leur région». Al Watan ajoute «des sources proches du mouvement, déplorant la situation critique au Nord, ont annoncé que Ag Bahanga, le chef de l’ex-rébellion, et ses cadres organisent les jeunes anciens combattants, pour chasser les terroristes de leur territoire». Pur mensonge. Oui, pur mensonge!

Personne plus qu’Ibrahima Ag Bahanga n’a semé le désordre jusqu’à présent dans notre Septentrion: vols de voiture, convoyages de cargaison de drogue, attaques armées contre les intérêts de la nation… La liste des actes perpétrés par IAB est plus longue que son bras.

Par ailleurs, les sources d’Al Watan affirment que «des responsables du mouvement de l’ex-rébellion targuie du nord du Mali déplorent la situation «de chaos» qui prévaut dans leur région, qu’elles imputent «au non-respect par le gouvernement malien des clauses de l’accord qu’il a signé à Alger en 2006 avec les Touareg».

Elles «regrettent» que l’appel lancé par les anciens cadres de l’Alliance démocratique pour le changement (ADC), en janvier 2010 à Alger, soit «resté sans écho» auprès de la communauté internationale et de Bamako «dont les autorités se sont plutôt précipitées à renforcer les liens avec les chefs terroristes et les barons de la drogue, qui contrôlent une partie sensible du territoire malien». Nous croyons que c’est un disque rayé qu’il faut maintenant changer. C’est une musique qui a été plusieurs fois jouée et qui n’est plus à la mode. Rappelons qu’il y a quelques, mois, dans une lettre signée par Hassan Fagaga, les mêmes mots, les même phrases sont revenus.

Quand Al Watan rapporte que les Touareg «ont de tout temps demandé» qu’on leur donne les moyens nécessaires pour mener une lutte efficace contre les groupes armés d’AQMI, puisqu’ils sont installés dans une zone tampon entre le Sahel et le Maghreb et que Bamako a trop peur d’équiper les Touareg ou de leur donner des moyens militaires nécessaires pour chasser les terroristes de la région… que Bamako cultive une méfiance permanente à l’égard de la communauté du Nord… Méfiance qui est à l’origine de tous les conflits armés et politiques entre les Touareg et le régime…», le journal fait preuve d’une naïveté réellement inexplicable.

Primo, AQMI est actuellement dans les montagnes de Teghargaret (entre Kidal et Tessalit). A cet endroit, il y a quelques années, c’est Bahanga et sa troupe qui se trouvaient. Battus au plan militaire par l’armée malienne, ils ont cédé la place à AQMI, qui était plutôt basée auparavant dans la région de Tombouctou.

Secundo, alors que Bahanga & Co se trouvaient dans cette «zone tampon entre le Sahel et le Maghreb», ils avaient des armes. Au lieu de s’attaquer à AQMI et aux autres trafiquants de drogue, d’armes, de munutions…, ils ont plutôt tourné leurs «Kalachs» contre Bamako et, surtout, leurs frères touaregs.

Tertio, et c’est le plus important, qu’Al Watan, ou plutôt Alger ne fassent pas d’amalgame. Ce ne sont pas tous les Touaregs qui sont dans cette mouvance. Si mouvance il y a!

«La seule contrepartie exigée est la prise en charge correcte de leurs préoccupations politiques. Il ne faut pas oublier que les Touareg peuvent constituer, s’ils le décident, une force militaire sérieuse et importante dans la région. Ils sont incontournables, si on veut réellement lutter contre AQMI dans le Sahel», expliquent les interlocuteurs d’Al Watan. Y a-t-il plus de «prise en charge correcte des préoccupations politiques» que la construction d’écoles, de centres de santé, de forages, de routes? Y a-t-il, plus de «prise en charge correcte des préoccupations politiques», et la répétition n’est pas inutile, que le financement des projets de développement ou de réinsertion de jeunes ou de femmes?

Au 31 décembre 2009, rappelons que Programme décennal de développement des régions nord du Mali (PDDRN) faisait apparaître l’augmentation de son coût global depuis la tenue du Forum de Kidal, les 23 et 24 mars 2007. Un coût qui est ainsi passé de 560 à 798 milliards de FCFA. Que veut de plus le peuple?

Que l’Algérie se détrompe. Cette poignée de personnes avec qui elle veut entretenir une sorte de psychose ne peut, en aucun cas, constituer une force militaire sérieuse pour le Mali. Nous avons des hommes et des femmes capables de faire le travail qui leur a été confié. Si l’Algérie est tombée dans le piège, le Mali a, quant à lui, des dirigeants assez sérieux et réfléchis pour ne pas laisser notre pays aller dans cette mauvaise, et contre-productive, direction.

Al Watan commente, enfin, «force est de constater que Bamako joue toujours un jeu inexpliqué quand il s’agit de la pacification de la région du Nord, où les groupes terroristes agissent en toute quiétude… Accusé de laxisme par ses voisins et d’inertie par certains pays occidentaux, le Mali est mis au pied du mur, avec la multiplication des opérations d’enlèvement d’étrangers, échangés en contrepartie de fortes rançons».

A la Rédaction de 22 Septembre, et c’est aussi la conviction des millions de Maliens épris de paix et de développement, nous pensons que le mal qui mine la bande sahélo-saharienne est aussi le fait du président algérien, Bouteflika. Il l’a officiellement démontré, il y a tout juste quelques jours, en boudant la réunion du G8 consacrée justement à ce problème. Non, le Mali n’est pas au pied du mur. Le Mali est un grand pays. Un pays respectueux, qui réfléchit avant d’agir. Le Mali n’est pas un pays où les officiers qui dirigent les différentes régions militaires, sont de mèche avec AQMI,depuis des années. Les officiers de l’armée malienne sont intègres. Les forces armées et de sécurité du Mali sont respectueuses des valeurs républicaines. Elles ne tuent pas à tour de bras, juste pour tuer. Depuis des lustres, nous avons, au Mali, appris à dialoguer pour circonscrire le mal. Ce n’est, malheureusement, pas le cas en Algérie. Et c’est bien dommage!

A suivre.

Paul Mben

Source: Maliweb



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