Ouverture de la deuxième session du Parlement: Discours antagonistes des présidents des deux chambres

La deuxième session ordinaire du parlement mauritanien au titre de l’année 2009/2010 a été ouverte, lundi après-midi 10 mai, à Nouakchott au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’ouverture s’est déroulée en présence des membres du gouvernement et du corps diplomatique accrédité en Mauritanie et fut marquée par deux discours antagonistes:

 

Le discours critique de Messaoud Ould Boulkheir président de l’Assemblée Nationale et celui encensant de M Ba Mbaré président du Sénat.

Le premier discours évoque une crise multidimensionnelle que traverserait le pays et le second celui du président du Sénat rendait hommage à l’action gouvernementale. Ci-dessous les deux discours.

 

                      Discours de Messaoud Ould Boulkheir
 » J’ai ouvert notre dernière session parlementaire dans des conditions dominées par la tension découlant de la transformation institutionnelle de notre pays car elle s’était tenue juste après ce que l’opinion générale avait souhaité, à l’époque, être une sortie définitive de la plus grave crise politique que la Mauritanie ait jamais connue pendant les dernières années.

En dépit des réserves que nous avions alors émises, nous nous étions empressés d’apaiser le climat en validant le bilan final d’un processus qui a failli faire voler en éclats l’union et la cohésion de notre peuple.

Vous vous rappelez du discours d’ouverture que j’avais prononcé à cette occasion et qui a traduit fidèlement mes bonnes intentions et l’esprit de tolérance et d’ouverture que j’avais souhaité trouver chez toutes les tendances politiques afin de garantir un avenir plus rassurant pour tous ainsi que la stabilité de notre pays.

Mais le manque de réactivité positive vis-à-vis de ce message a conduit à l’inverse de toutes les attentes et a conduit à l’évaporation des espoirs de tous en ramenant le pays à la période d’avant l’élection, marquée par le pouvoir totalitaire, les règlements de compte et le clientélisme politique, avec ce que ceux-ci engendrent comme manque de confiance contraire aux valeurs et aux intérêts de notre pays et aboutissant souvent à des résultats à conséquences néfastes.

Aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a un blocage politique absolu dans un climat social, économique, sécuritaire et même extérieur parmi les plus mauvais que le pays ait jamais connus durant la dernière décennie.
Suite à l’insouciance qui règne envers les véritables préoccupations du peuple de la part des institutions gouvernantes (exécutives, législatives et judiciaires), je ne vous cache pas, ni aux chers citoyens, que la situation est on ne peut plus chaotique et grave, même si mon devoir religieux, patriotique, professionnel et moral me contraint à inviter tous, à partir de cette tribune, à davantage de responsabilité.

Enfin, et conformément aux dispositions de l’article 52 de la Constitution, je déclare ouverte, avec la bénédiction d’Allah, la deuxième session parlementaire ordinaire 2010 « .

                               

                                Discours de M. Ba dit M’baré

 » A l’occasion de l’ouverture de la deuxième session parlementaire 2009-2010 , je vous souhaite la bienvenue.
Mesdames, Messieurs les sénateurs, je pense que vous avez passé un bon séjour dans vos circonscriptions respectives malgré les problèmes des tous les jours que vous soumettent les populations locales .

Mesdames , messieurs
La conjoncture internationale engendrée par la double crise des années 2009-2010 qui a frappé de plein fouet toutes les économies du monde particulièrement celles des pays en développement n’a pas épargné le nôtre ; malgré donc cette conjoncture très défavorable au développement économique et social, notre pays a enregistré des progrès dans beaucoup de domaines; je citerai, entre autres, le centre d’oncologie de Nouakchott, le centre de dialyse de Nouadhibou au profit de nos malades qui n’auront plus à faire face à des frais exorbitants pour aller se soigner à l’extérieur.

Aussi, l’hydraulique villageoise et urbaine se développe, le premier ministre vient de constater, il y’a une semaine l’avancement des travaux de l’Aftout Essahly, ce qui soulagera très bientôt, les populations de Nouakchott et les zones traversées par la canalisation de la soif.

Le port minéralier en eau profonde de la SNIM à Nouadhibou et l’extension du goudron à l’intérieur du pays et à Nouakchott même, contribueront sans nul doute au désenclavement de notre pays, désenclavement sans lequel aucun développement n’est possible.
Je ne puis citer tous les progrès réalisés par le gouvernement sous la conduite de Monsieur Mohamed ould Abdel Aziz, président de la République. Ainsi, le chef de l’Etat réalise, étape par étape, les promesses du candidat vainqueur des présidentielles du 18 juillet 2009 .

Mesdames, Messieurs les sénateurs, chers collègues,
Au cours de cette session, nous allons examiner plusieurs projets de loi présentés par le gouvernement, je connais personnellement votre sens du devoir et suis sûr que ces textes seront étudiés sans complaisance comme d’habitude.

Parmi eux, il y’en a un qui attire particulièrement l’attention, il s’agit de celui concernant la libéralisation de l’espace audiovisuel. Ce texte va contribuer grandement à la liberté de la presse, à la liberté tout court.

Mesdames, messieurs les sénateurs, Vous n’êtes pas sans savoir que le devoir du parlement dans un pays démocratique est de contrôler l’action gouvernementale. Aussi, avons-nous le devoir de contribuer activement à la lutte contre la gabegie et le détournement des deniers publics. Cette lutte est menée sans complaisance aujourd’hui par le gouvernement de la République sous la conduite de Monsieur le président de la république Mohamed ould Abdel Aziz.

Pour y participer concrètement, nous avons la possibilité au niveau de notre chambre de mettre en place des commissions d’enquête parlementaires qui seront envoyées là où des fonds publics ont été particulièrement mal gérés.

Pour conclure, je renouvelle mon appel au dialogue afin de barrer la route au terrorisme, au sectarisme et aux autres défis qui menacent notre pays, dans le seul but de préserver l’unité de la Mauritanie qui a besoin de tous ses enfents.

Mesdames ,messieurs,c’est conformément aux dispositions de l’article 52 de la constitution et de l’article 1er de notre règlement intérieur, que je déclare ouverte la 2eme session ordinaire 2009-2010 de notre parlement.

Je vous remercie ».

 

Source  :  AMI via www.journaltahalil.com  le 10/05/2010

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