À la veille du déplacement du président mauritanien dans le Gorgol, la démolition de la mythique école 1 de Kaedi suscite des inquietudes de plus d’une quinzaine de personnalités regroupées sous l’initiative citoyenne de cadres de Kaedi.
Les observateurs reviennent sur cet événement qui touche à la fois l’histoire d’une école, pépinière des cadres de la Mauritanie, la gouvernance locale depuis 1989 sous domination de l’élite arabophone au pouvoir et enfin la mémoire collective. Ce dernier point est un rappel aux autorités de Nouakchott et de Kaedi que l’école 1 n’était pas un simple bâtiment administratif. Elle représentait l’une des premières infrastructures scolaire de la capitale du Gorgol où Ould Ghazouani est attendu pour une visite. Et puis ce repère architectural du Kaedi colonial et post colonial représentait un lieu de mémoire pour plusieurs générations dont ces héritiers de cadres aujourd’hui entendent défendre bec et ongles avant le déplacement du chef de l’Etat.
Pour les observateurs la démolition d’un tel trésor du patrimoine national n’est pas neutre. Elle efface une partie de la mémoire des anciens, de l’identité urbaine et rompt la continuité historique d’une ville déjà fragilisée depuis les événements 89. L’effacement de cette école confirmerait une école républicaine monocolore. Et au delà c’est moins un acte isolé qu’un signal d’alarme sur l’absence de politique patrimoniale. Une ville sans mémoire est une ville sans histoire. Une consultation citoyenne avant toute démolition est vivement recommandee. Un souhait qui sera au centre de la prochaine visite de Ould Ghazouani à Kaedi.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 06 février 2026)
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