
C’est incontestable, la Société nationale industrielle et minière mauritanienne se porte bien avec un record de vente du fer en 2025 estimé à plus de 14 millions de tonnes. Ces bons résultats ces dernières années relancent l’épineux problème de transformation locale après 6 décennies d’activités.
Ce paradoxe interroge les observateurs qui pointent un pays qui exporte du minerai brut depuis 60 ans, mais importe encore une grande partie des produits métalliques transformés. Les Mauritaniens ne voient pas d’usines de pellets (boulettes de fer à haute valeur ajoutée) encore moins de productions (fer réduit, utilisé dans l’acier moderne ni d’aciéries intégrées ni de production de barres, tôles, rails, poutrelles, etc. C’est un manque à gagner économique, mais aussi un manque d’opportunités industrielles et sociales. Les contraintes sont énormes pour un pays qui manque des industries lourdes et la SNIM ne peut pas financer une aciérie intégrée dont le coût est estimé entre 2 et 5 milliards de dollars. Et puis la SNIM est toujours une entreprise d’extraction et pas encore industrielle. Et enfin les clients historiques (Chine, Europe) préfèrent acheter du minerai brut pour alimenter leurs propres aciéries. L’arrivée du gaz (Tortue, BirAllah) et de l’hydrogène vert pourrait changer la donne, mais c’est récent et surtout le problème réside dans la vision politique du régime et la gestion de ces nouvelles ressources.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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