Vu des États-Unis – Solution radicale : s’expatrier pour ne plus payer ses dettes étudiantes

Chassés par le poids financier et psychologique des prêts étudiants, certains Américains choisissent l’expatriation comme échappatoire. Le “New York Times” explore ces trajectoires radicales.

Courrier expat – Échapper à ses dettes en changeant de pays : pour certains Américains, l’expatriation devient une stratégie de survie, raconte The New York Times, qui décrit un phénomène marginal mais révélateur des failles du système des prêts étudiants.

Aux États-Unis, plus de 40 millions d’emprunteurs sont endettés, dont 7,7 millions en défaut de paiement. “Pour certains emprunteurs, déménager à l’étranger et se mettre hors de portée des agents de recouvrement peut être tentant”, écrit le quotidien. Le phénomène reste difficile à quantifier, mais il s’observe dans des trajectoires individuelles de plus en plus visibles.

Amanda Lynn Tully, 37 ans, incarne cette rupture. Diplômée avec 65 000 dollars de dettes, soit 56 325 euros, elle quitte les États-Unis pour Prague et cesse de rembourser. “Je n’ai jamais été financièrement stable parce qu’on ne m’a jamais appris à être financièrement stable”, explique-t-elle. Elle n’a effectué aucun paiement depuis plus de sept ans.

Au cœur de ces décisions : la charge mentale. “Le poids psychologique de porter une dette est un problème très répandu, même si elle semble financièrement gérable”, souligne Michele Zampini,  chargée des politiques fédérales et de la défense des intérêts à l’Institute for College Access and Success . Même des mensualités faibles – Amanda Lynn Tully payait 60 dollars (52 euros) – ne suffisent pas à atténuer le sentiment d’impasse : “Les paiements ne couvraient même pas les intérêts, donc c’était frustrant.”

D’autres suivent des trajectoires proches. Eric Cooper, diplômé avec 80 000 dollars de dettes (69 300 euros), finit par quitter les États-Unis après quelques années de remboursement. “Je me suis demandé : ‘Est-ce que je vais vraiment faire ça jusqu’à 50 ou 60 ans ?’ raconte-t-il. Une fois installé en Asie du Sud-Est, il cesse lui aussi de payer.

Si l’expatriation offre un répit, elle n’efface pas l’obligation légale. Mais pour certains, elle transforme le rapport à la dette : “Le fait que quelqu’un doive faire un changement de vie aussi radical à cause de la dette étudiante est, en soi, une accusation contre un système défaillant”, résume Michele Zampini.

Source : Courrier expat (France)

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