Une du jour – Un présentateur télé nouveau monarque du royaume de Toro, en Ouganda

Edward Rukidi Kijanangoma a été choisi pour succéder au roi Oyo, monté à l’âge de 3 ans sur le trône et mort à 34 ans d’un cancer. Mais ce choix, rapporte le quotidien “New Vision”, est très loin de faire l’unanimité, en particulier dans l’entourage du défunt.

Courrier international – Edward Rukidi Kijanangoma, jusque-là plus connu comme présentateur sur la chaîne UBC que pour ses liens de sang avec le royaume de Toro, est devenu, le mercredi 9 septembre, le 14e monarque de ce petit royaume du sud-ouest de l’Ouganda, frontalier avec la République démocratique du Congo (RDC), rapporte New Vision. Il succède à Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, autrefois surnommé l’“enfant-roi” mort le 27 août à 34 ans des suites d’un cancer.

Mais, comme le met en avant sur sa une New Vision, “le nouveau roi divise Toro”. Le président ougandais, Yoweri Museveni, a affirmé qu’Oyo, célibataire, avait laissé un jeune héritier né hors mariage. Mais à la suite de recherches, le comité de sélection lui a donc préféré Edward Rukidi Kijanangoma, un cousin du roi défunt.

Les cinq royaumes traditionnels en Ouganda Courrier International

 

Ce choix a été rejeté par plusieurs membres de la famille royale, explique New Vision. En particulier la princesse Ruth Komuntale, sœur d’Oyo, qui apparaît en vignette sur la une du quotidien de Kampala. Selon elle, son frère a laissé un testament “précisant clairement qu’il laissait un héritier pour le trône, à savoir son fils. Il a également laissé des instructions pour qui devrait lui succéder dans le cas d’un plan B.”

Le chagrin de la reine mère

La reine mère Best Kemigisa a, quant à elle, appelé à une trêve dans cette guerre de succession. “Ils se sont réjouis alors que mon fils était dans son cercueil à côté d’eux. C’est ce qui m’a fait le plus mal”, a-t-elle réagi dans une lettre, reproduite par New Vision.

“Laissez-nous pleurer mon fils et l’enterrer.”

Les funérailles sont prévues samedi 12 septembre. Des milliers de personnes sont attendues dans une ville proche de la frontière congolaise. Oyo fut couronné en 1995 à l’âge de 3 ans, après la mort de son père. Il fut l’objet d’une véritable adoration pour ses sujets et de fascination pour certains dirigeants étrangers, dont Nelson Mandela et Muammar Kadhafi.

L’Ouganda compte cinq royaumes traditionnels. À l’indépendance, ils furent supprimés par la jeune République avant d’être rétablis en 1993, sans qu’aucune autorité politique ne leur soit conférée. En revanche, les souverains exercent une autorité en tant que gardiens de la culture tribale.

 

Source : Courrier international (France)

 

 

 

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