“Décès de l’émir père”, titre le quotidien local Qatar Tribune, au lendemain de l’annonce de la mort, survenue le dimanche 12 juillet, de Hamad ben Khalifa Al Thani à l’âge de 74 ans. Le journal le présente comme “l’un des dirigeants historiques” et comme “l’architecte de la modernité du Qatar”, qui “laisse derrière lui un héritage d’accomplissements remarquables”.

Il est en effet celui qui a “placé le Qatar sur la carte du monde”. L’anecdote dit qu’il se plaignait qu’on lui demandât où se situait son pays, largement inconnu et sans poids géopolitique au moment de son arrivée sur le trône, en 1995, après l’éviction de son père, ou coup d’État de palais.

C’est lui qui a lancé l’exploitation à grande échelle du champ de gaz North Dome – partagé avec l’Iran – grâce à la technique alors novatrice du gaz naturel liquéfié (GNL) dont le Qatar était alors devenu le premier exportateur mondial, avant d’être dépassé par les États-Unis. C’est lui encore qui a créé la chaîne d’information en continu Al-Jazeera, qui a permis au pays d’étendre son influence sur le monde arabe, notamment au moment des révolutions arabes, à partir de 2011.

En 2013, alors que le printemps arabe est balayé par une série d’échecs politiques et par les initiatives contre-révolutionnaires menées par Riyad et Abou Dhabi, il présente sa démission pour passer le pouvoir à son fils Tamim ben Hamad Al Thani. Celui-ci, soutenu par son père durant les premières années de son règne, poursuit globalement la même politique, en soignant notamment le rôle de médiateur diplomatique du pays lors des grandes crises régionales, mais en se montrant plus conciliant avec ses voisins et en se contentant d’une moindre exposition médiatique.