Un festival littéraire centré sur la jeunesse

Des écrivains, critiques et artistes africains renommés assistent actuellement à la 3ème édition des "Rencontres Littéraires" internationales, qui fermera ses portes vendredi 13 décembre à Nouakchott, en Mauritanie.

Bios Diallo est le directeur du festival littéraire "Traversées Mauritanides" dont la 4ème édition se tient du 8 au 12 décembre à Nouakchott avec la participation d’éminents auteurs et intellectuels venus des quatre coins du monde.

Magharebia s’est entretenu avec lui au sujet de la problématique de la jeunesse.

Magharebia : Votre festival accorde une grande importance à la jeunesse. Qu’en est-il au juste ?

Bios Diallo : La jeunesse est notre préoccupation au quotidien ! Parce que tout simplement, elle est l’avenir, et un pays sans jeunesse est une nation qui inquiète.

Voilà pourquoi, depuis notre première édition en 2010, nous avons décidé de centrer une partie de notre énergie, si ce n’est la plus importante, sur cette jeunesse, qui est comme une grange en construction.

C’est ainsi que nous avons chaque année au programme des visites dans les écoles ; sans exclusion aucune de quartier, de Tevrag-Zeina aux Pk, en passant par la capitale, Dar Naim et autres.

À cela nous avons ajouté une journée spéciale à l’université, car il faut poursuivre la jeunesse à tous ses segments.

Magharebia : Que faut-il faire pour empêcher la jeunesse de succomber aux sirènes de l’extrémisme ?

Diallo : Pas de miracle : l’éduquer, la canaliser ! Les charlatans de l’extrémisme prêchent chez les esprits faibles, en profitant des poches de pauvreté.

Il faudra faire comme eux, et prêcher par la moralité de la rectitude.

Magharebia : Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes Mauritaniens ?

Diallo : Il est difficile d’avoir des schémas types pour dire s'ils sont rigoureusement confrontés à ceci ou cela.

Pour la simple raison que les cas qui conduisent à la fragilité de l’esprit ou à la faiblesse de l’engagement sont multiples.

Mais nous pouvons dire que parmi les symptômes se trouvent le chômage, le désœuvrement, l’absence de perspectives pour l’avenir. Donc il faudra soigner les plaies en donnant aux jeunes de quoi s’occuper, et leur permettre d’avoir foi en leur avenir.

Magharebia : Votre festival se tient cette année sous le thème de la question de l’émigration. Pouvez-vous nous dire pourquoi le choix de ce thème ?

Diallo : Vous l’avez dit, les jeunes cèdent à des sirènes !

Parmi celles-ci la tentation d’aller ailleurs, quand l’espace de vie est étouffant ou sans perspectives. Ce qui conduit à de multiples drames, car il faut partir à tout prix !

Nous l’avons vu tout au long de l’année 2013 avec Lampedusa et autres. Nous avons voulu aussi rappeler que le voyage, voyager, a toujours fait partie de la vie des hommes. Les peuples fixes n’existent pas.

On ne s’installe pas quand on a fait le tour de ses choix, d’une façon heureuse ou malheureuse.

Et pour explorer les différents aspects du voyage, nous avons convié autant d’écrivains que d'acteurs de la société civile ou des droits de l’homme.

Magharebia : Que proposez-vous concrètement pour aider les jeunes à s’en sortir ?

Diallo : Que ceux qui ont choisi la voie de l’école œuvrent pour le chemin de l’excellence.

Que les autres se disent qu’il n’y a pas de sots métiers ! Et ne jamais céder, une fois de plus, à l’appel des sirènes qui ne peut être qu’éphémère et qui a très souvent une issue dramatique.

Bakari Gueye

Source : Magharebia le 11/12/2013{jcomments on}

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