Somalie : Donald Trump réitère ses propos racistes contre les Somaliens et la députée Ilhan Omar

RFIMercredi 21 janvier, au Forum économique mondial de Davos, puis la veille à la Maison-Blanche, à l’occasion du premier anniversaire de son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a poursuivi ses attaques verbales contre la Somalie et la communauté somalienne vivant aux États-Unis. Il s’en est pris aussi à la députée d’origine somalienne Ilhan Omar, députée démocrate du Congrès, devenue une cible récurrente du républicain.

Nouvelle attaque de Donald Trump. Le président américain s’est en cette fois-ci pris à la Somalie, qualifiant les immigrés somaliens de personnes « à faible QI », affirmant que « la Somalie n’est pas un pays », ou, si elle en est un, « le pire au monde », ajoutant qu’elle n’aurait « ni gouvernement, ni institutions ».

Le président a aussi critiqué la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, membre de l’extrême gauche « Squad » à la Chambre, au sujet de sa fortune nette de plusieurs millions de dollars lors d’une conférence de presse depuis la Maison Blanche mardi après-midi. « Malhonnête », « corrompue » et qui n’a « jamais travaillé », Ilhan Omar est l’objet d’une véritable vindicte du président américain. À plusieurs reprises, il l’a exhortée à « retourner en Somalie », l’a traitée « d’ordures », multipliant les insultes à son encontre et visant plus largement les Somaliens et Somali-Américains, qu’il estime devoir « retourner d’où ils viennent ».

Une figure symbolique de l’opposition à Trump

Des attaques répétées au point qu’Ilhan Omar a récemment qualifié l’attitude du président à son égard d’« obsession inquiétante ». Âgée de 43 ans, la députée incarne, aux yeux de Donald Trump, tout ce qu’il combat politiquement : une femme, musulmane, immigrée et originaire d’Afrique.

Ilhan Omar a répondu à plusieurs reprises aux attaques présidentielles, dénonçant une politique « raciste, xénophobe et haineuse ». Elle s’est notamment opposée aux restrictions de visas et a pris la défense de la communauté somalienne, très présente dans le Minnesota, où elle est élue, et cible d’attaques qu’elle qualifie de « dégoutantes, injustes et déshumanisantes ».

Née à Mogadiscio, Ilhan Omar est arrivée aux États-Unis à l’âge de 12 ans avec sa famille, s’installant dans le Minnesota. Elle devient citoyenne américaine à l’adolescence, avant d’être élue au Congrès en 2018 – l’une des deux premières femmes musulmanes élues -, où elle défend des positions nettement progressistes.

Une rhétorique déjà radicale fin 2025

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’en prend publiquement à la Somalie. Le gouvernement américain a annoncé, le 13 janvier, la suppression du statut protégeant les immigrés somaliens contre l’expulsion. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne menée par l’administration du président Donald Trump à l’encontre de la communauté somalienne – la plus importante des États-Unis avec 80 000 personnes-, particulièrement visée dans l’État du Minnesota.

En décembre 2025, il avait déjà annoncé son intention de « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde », affirmant ne plus vouloir accueillir, selon ses mots, « des déchets dans notre pays ».

Parallèlement à ce durcissement migratoire, l’administration Trump a intensifié son engagement militaire en Somalie. Depuis son retour au pouvoir, plus de 125 frappes aériennes y ont été menées, un nombre supérieur au total cumulé des bombardements effectués sous les présidences de George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden. Ces frappes visent principalement les shebabs affiliés à al-Qaïda, qui mène une insurrection contre l’État somalien depuis plus de vingt ans.

Source : RFI

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