Courrier international – Les perruques en cheveux naturels sont devenues aussi tendance que convoitées. Depuis une quinzaine d’années, selon Le Soleil, ces chevelures, principalement importées d’Asie (Vietnam, Inde, Chine), détrônent progressivement le marché des perruques en cheveux synthétiques.

“Sur des têtes de mannequins alignées soigneusement sur les comptoirs, des perruques lisses, bouclées ou ondulées s’exposent comme des objets précieux, écrit le quotidien gouvernemental sénégalais. Dans les grandes villes comme Dakar, Thiès ou Saint-Louis, la demande ne cesse d’augmenter, portée par les tendances de la mode, les réseaux sociaux et l’essor des salons spécialisés.”

Sauf que ce produit, dont le coût varie entre 115 euros et 750 euros, selon le modèle et les heures de travail requises pour coudre, mèche par mèche, les cheveux naturels sur un bonnet, a aussi transformé ses acquéreuses en proies.

Cambriolages de boutiques et vols à moto

Dans un autre article, Le Soleil décrit des vols à l’arraché ou des pillages de boutiques.

Deux femmes témoignent par exemple s’être fait subtiliser leur perruque “en quelques secondes”. La première, alors qu’elle faisait ses courses au marché, et la seconde, dans un bus.

Ces voleurs de perruque ciblent aussi les boutiques spécialisées. Des cambriolages se sont par exemple produits dans des salons spécialisés installés dans des marchés populaires, tels que Sandaga ou Colobane, à Dakar.

Les perruques en cheveux naturels collectés dans les pays asiatiques “auprès de particuliers ou issus de rituels religieux, puis triés, lavés, traités et transformés pour être regroupés par longueur et texture avant d’être vendus à des grossistes internationaux” sont immédiatement revendues.

Mi-avril, le site d’info Senenews a relaté l’arrestation de deux individus à Yeumbeul, quartier central de Dakar, “poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis avec violence, usage de moyens de locomotion et usage de la force”.

Si les enquêteurs n’ont retrouvé que deux perruques au domicile des inculpés, ils ont pu documenter des vols à l’arraché perpétrés par ces deux agresseurs, circulant à bord d’une moto. Un mode opératoire assez courant dans la capitale sénégalaise, où les actes de petite délinquance sont légion.