Seneplus – Le lendemain de la formation du gouvernement Lô, Ousmane Sonko a tenu une déclaration de presse ce mardi 2 juin pour lever le voile sur les coulisses de sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Les propos révèlent une négociation avortée, des désaccords profonds et une relation personnelle sérieusement dégradée.
Ce qui s’est dit au Palais
Sonko révèle que la rencontre du lundi matin au Palais a été précédée d’une médiation conduite par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô et d’autres personnalités. Faye lui avait envoyé un message tard dans la soirée du dimanche pour lui demander de venir. Sonko avait décliné pour le soir même, acceptant de passer « le lendemain à 8 heures ».
Sur le fond, les échanges ont porté sur trois sujets majeurs. D’abord la dette : « Je lui ai parlé de la problématique de la dette et des décisions à attendre. Il m’a dit que pour le moment, il n’envisage pas de restructuration, mais que si le problème persiste, la restructuration n’est pas à exclure. » Sur les prix, Faye aurait assuré ne pas envisager de hausse, « mais que cela se pourrait si la situation persiste ». Sur la justice et la reddition des comptes, Sonko est catégorique : « Je lui ai clairement dit que nous ne nous entendrons pas sur ce sujet. »
Le nœud du gouvernement
Sur la composition de l’équipe gouvernementale, Sonko révèle que Faye « tablait sur 7 membres de Pastef » mais souhaitait confier les postes de souveraineté à « des personnes sans coloration politique ». Une position que Sonko conteste : « L’homme qu’il a nommé aux Forces armées fait de la politique du matin au soir. » Il lui a alors signifié clairement : « Nous ne pouvons pas être la caution politique de cette deuxième partie du mandat sans avoir une représentativité dans ce gouvernement. » Après consultation du COMEX et des contre-propositions restées sans suite favorable, la décision de ne pas participer au gouvernement a été actée.
Faye accusé de vouloir déstabiliser Pastef
Sonko va plus loin en accusant directement le président de manœuvres internes : « Il est dans des stratégies pour déstabiliser Pastef. C’est pourquoi il a essayé de négocier directement avec des membres du parti sans passer par les instances directrices. » Il rapporte que Faye aurait même affirmé lors d’une réunion être « le plus représentatif dans Pastef », une prétention que Sonko a aussitôt mise au défi : « Il faut sortir dans la rue et appeler à un meeting, sans Ousmane Sonko. Si tu réunis 100 personnes, on verra. » Il conclut sur une note acérée : « Son problème semble être moi. On dirait qu’il ne peut même plus me voir en peinture. »
Pas de motion de censure, mais une ligne rouge
Sur le plan parlementaire, Sonko se veut mesuré mais ferme. Il exclut toute motion de censure spontanée : « Nous ne ferons aucune motion de censure à moins que le président et ses hommes nous attaquent en premier. » Il appelle ses militants à ne pas répondre aux provocations, citant notamment les convocations des députés Cheikh Bara et Guy Marius Sagna comme faisant partie d’une « stratégie de provocation ». Mais il pose une condition claire : « S’ils utilisent la force de l’État pour nous combattre, nous utiliserons tous les moyens légaux que nous confère la Constitution pour leur faire face. »
Source : Seneplus (Sénégal) – Le 02 juin 2026
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