RFI – L’Assemblée nationale, où les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) sont largement majoritaires, a rejeté ce 3 novembre 2026 le projet de loi de finances rectificatives (LFR) présenté par le gouvernement sénégalais. Malgré un nouveau passage en commission des finances, la LFR n’a pas convaincu les députés du Pastef, au risque de bloquer l’obtention du feu vert du Fonds monétaire international pour un prêt de 2,2 milliards de dollars.
Avec 126 voix pour, la loi de finances rectificative (LFR) vient d’être renvoyée vers l’exécutif, sans qu’il y ait eu de débat sur le fonds : les députés l’ont rejeté après avoir adopté une question préalable, proposé par le député du Pastef Amadou Ba.
Ils ont estimé que le budget 2026 corrigé manque de sincérité budgétaire et qu’il ne peut donc être adopté en l’état.
Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) pointent des désaccords sur les prévisions de recettes et de dépenses de cette loi de finances rectificatives.
Le Pastef estime par exemple que le déficit budgétaire de 7,6% du PIB est surestimé.
Sur la soutenabilité de la dette, les députés disent aussi manquer de clarté et d’informations fiables pour évaluer les besoins réels de financements et débattre de cette LFR.
En face, le ministre de l’Économie et des finances Cheikh Diba, lui, a parlé de prétexte du parti de l’ex-Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, pour rejeter ce budget corrigé.
Nouveau revers pour le gouvernement
Retour donc à la case départ pour un exécutif qui doit revoir sa copie. Pour le gouvernement, c’est un revers, lui qui a besoin d’urgence de ce budget révisé en cours d’année pour payer les dettes contractées auprès d’entreprises du secteur privé, mais aussi les fournisseurs d’électricité, ainsi que pour pouvoir continuer à assurer l’approvisionnement en fuel nécessaire pour les centrales électriques.
Ce rejet qui risque aussi de bloquer l’obtention définitive du feu vert du Fonds monétaire international pour un prêt de 2,2 milliards de dollars.
Notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff
Source : RFI
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