« Il ne peut y avoir deux soleils dans le ciel », dit le dicton chinois. De tout temps, sauf dans les régimes parlementaires où le président de la république est un président soliveau, un premier ministre est nommé pour mettre en musique la politique pour laquelle le président a été élu. Ce qui se passe au Sénégal ne surprend que ceux qui veulent bien l’être. Il fallait tout simplement s’y attendre. C’était le moment qui était imprécis, mais la logique y était depuis le début.
Ousmane Sonko n’a jamais intégré son rôle de second. Il estimait être dans un caftan très étroit pour lui. Or dans un régime présidentiel, la longévité d’un premier ministre ne dépend que de la volonté du président de le maintenir à son poste. On nous bassine avec l’argument selon lequel que c’est Sonko qui a permis l’élection de Diomaye. Une fois Diomaye élu, cet argument n’a plus la moindre valeur analytique. D’ailleurs si l’ingratitude est humainement condamnable, en politique elle est souvent perçue comme une qualité au même titre que l’opportunisme et la démagogie. Il faut toujours se méfier des taiseux, ne jamais les sous-estimer. Diomaye ne parle pas beaucoup, mais il observe avec des yeux cliniques.
Le comportement de Sonko est celui de quelqu’un qui a perdu sa fortune et qui tient coûte que coûte à la retrouver. De par son comportement et ses emportements il déprécie le président de la république. En cela on ne peut lui donner raison. Le pouvoir n’est pas une banquette où l’on se pousse pour faire de la place à celui qui vient d’arriver. Non, c’est un fauteuil à une et unique place qu’occupe celui qui a été élu ou, dans un cas extrême, l’auteur d’un coup d’état. Sonko n’a jamais été Diomaye, et Diomaye n’a jamais été Sonko. Ce slogan naïf ne pouvait pas avoir longue vie. Et nous le savons tous. Nous savons que le pouvoir ne se partage. Et cela est humain et valable partout dans le monde. Qu’on le veuille ou pas, l’homme qui parle au nom du Sénégal s’appelle Diomaye Faye, même si cela déplaît à ceux qui veulent précipiter son départ. Un premier ministre est un fusible. Tant que le président est satisfait de lui, il reste, le jour où ce n’est plus le cas, il saute. Ainsi va la vie politique. Il est quand même grand temps que les gens comprennent que la politique, c’est aussi le cimetière des amitiés. Même celles que l’on croyait indestructibles !
Sakho Mamadou
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