Après avoir pris sa retraite en 2025, le pilote pensait sans doute avoir réussi son coup. Pourtant, un simple contrôle de routine de ses qualifications a suffi à le rattraper. Des « anomalies dans la documentation relative à sa licence de pilote » ont finalement conduit à sa découverte. « Cette enquête et les détails qui l’entourent sont dignes d’un scénario de film » a déclaré le chef adjoint de la police régionale de Peel, Milinovich, lors d’une conférence de presse en Ontario. Pendant ces 17 années, il a exercé comme commandant de bord alors qu’il n’aurait jamais dû pouvoir occuper ce poste. Grâce à cette licence, il a pu piloter des Boeing 767, 777 et 787, percevoir une rémunération estimée à près de deux millions de dollars et réaliser plus de 900 vols domestiques et internationaux.
« La sécurité n’a pas été compromise »
Malgré l’absence des qualifications requises pour occuper ce poste à haute responsabilité, Air Canada assure dans un communiqué que « la sécurité n’a jamais été compromise ». Elle rappelle que Geoffrey Wall était soumis tous les six mois à une formation périodique obligatoire et, tous les ans, à un contrôle en vol supervisé par un pilote vérificateur certifié par Transport Canada.
Toutefois, cette faille est prise très au sérieux. Comme le mentionne la compagnie, l’obtention de la licence ATPL-A est obligatoire et essentielle pour exercer les fonctions de commandant de bord. L’affaire suscite une vive polémique et provoque l’indignation de certains. « C’est un peu comme si un médecin généraliste pratiquait la neurochirurgie dans son cabinet. Les qualifications professionnelles sont soumises à des exigences et à des réglementations supplémentaires, et ce n’est pas sans raison », a déclaré le chef adjoint de la police régionale.
Un scandale qui n’est pas un cas isolé
En 2025, le média allemand AeroTelegraph révélait qu’un employé de la compagnie Avion Express s’était lui aussi fait passer pour un pilote qualifié. Comme Geoffrey Wall, étant un simple copilote il ne disposait pas des documents nécessaires pour exercer cette profession et aurait falsifié ses certificats afin d’accéder au poste de commandant de bord.
L’homme avait débuté sa carrière comme copilote chez Garuda Indonesia avant d’être recruté comme « pilote » par Avion Express. Il prend ensuite les commandes d’appareils opérés pour plusieurs clients de la compagnie lituanienne, notamment Eurowings, filiale du groupe Lufthansa, la compagnie turque SunExpress et LOT Polish Airlines, transporteur national polonais. Sans le savoir, des centaines de passagers ont, là aussi, voyagé avec un pilote non qualifié.
Source : Sud Ouest (France) – Le 12 juin 2026
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